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Le contrat de sous-marins échappe à l’industrie automobile canadienne


Le contrat de sous-marins échappe à l’industrie automobile canadienne

Le gouvernement fédéral espérait transformer le plus important contrat militaire de l’histoire du Canada en levier pour revitaliser l’industrie automobile nationale. Finalement, cette stratégie n’aura pas porté ses fruits. Malgré plusieurs mois de négociations, aucun engagement concret visant la construction d’une nouvelle usine d’assemblage automobile au Canada n’a été obtenu dans le cadre du contrat de sous-marins remporté par le groupe allemand ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS). L’annonce, faite le 6 juillet par le premier ministre Mark Carney à Halifax, met fin à plusieurs mois de spéculation entourant ce contrat évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Jusqu’à 12 sous-marins construits par TKMS

Le Canada prévoit acquérir jusqu’à 12 sous-marins auprès de TKMS, sous réserve de la conclusion d’un contrat définitif. L’entreprise allemande a devancé le constructeur sud-coréen Hanwha Ocean, également finaliste dans cet important appel d’offres. Au-delà de la construction des navires, le contrat comprend plusieurs décennies d’entretien et de soutien technique, ce qui représente des retombées économiques considérables. Selon Mark Carney, TKMS s’est engagé à générer des investissements au Canada d’une valeur équivalente à celle du contrat, notamment dans les secteurs de la défense, des technologies autonomes, de l’aérospatiale, des minéraux critiques, des munitions et de la recherche et développement.

L’automobile espérait profiter du contrat

L’industrie automobile canadienne comptait également bénéficier de ces négociations. En février dernier, la ministre fédérale de l’Industrie, Mélanie Joly, avait indiqué que le gouvernement souhaitait obtenir l’engagement d’un constructeur étranger pour implanter une nouvelle usine d’assemblage de véhicules au Canada dans le cadre des discussions entourant le contrat naval. Cette ambition s’inscrivait dans un contexte particulièrement difficile pour le secteur automobile canadien, confronté aux nouveaux tarifs douaniers américains sur les véhicules et aux incertitudes entourant les investissements manufacturiers.

Volkswagen et Hyundai n’ont pas suivi

Le gouvernement fédéral avait tenté de convaincre Volkswagen de lier ses projets industriels au Canada au succès de TKMS. Le constructeur allemand aurait toutefois refusé d’associer ses décisions d’investissement à l’appel d’offres militaire. Du côté sud-coréen, Hyundai avait participé activement aux discussions visant à soutenir la candidature de Hanwha Ocean, sans toutefois promettre la construction d’une usine d’assemblage au Canada. Résultat : malgré les attentes d’Ottawa, aucune annonce concernant de nouveaux investissements automobiles n’a accompagné l’attribution du contrat.

Ottawa affirme poursuivre ses démarches

Le ministère de l’Industrie soutient néanmoins que les efforts pour attirer de nouveaux investissements dans le secteur automobile se poursuivent. Selon sa porte-parole, le gouvernement continue d’évaluer différents projets industriels, notamment la possibilité de convertir certaines installations de fabrication automobile afin d’y produire des véhicules blindés ou d’autres équipements destinés à la défense. Ces projets pourraient éventuellement offrir une nouvelle avenue aux manufacturiers et aux équipementiers canadiens.

L’avenir du partenariat entre Hanwha et l’APMA demeure incertain

La défaite de Hanwha Ocean soulève également des interrogations quant à l’avenir de plusieurs protocoles d’entente conclus avec des entreprises canadiennes. L’un des projets les plus importants concernait une coentreprise avec l’Automotive Parts Manufacturers’ Association (APMA). Ce partenariat visait à permettre à plusieurs fournisseurs automobiles canadiens de fabriquer au pays des équipements militaires, notamment des obusiers automoteurs et des lance-roquettes mobiles. Le président de l’APMA, Flavio Volpe, précise toutefois que ce projet était conditionnel à l’obtention du contrat de sous-marins par Hanwha. Il n’écarte cependant pas la possibilité que les discussions se poursuivent malgré la décision du gouvernement.

Des retombées importantes… mais ailleurs

Même si le secteur automobile repart les mains vides, le contrat générera d’importantes retombées économiques dans plusieurs autres industries canadiennes. TKMS a déjà signé près de deux douzaines d’ententes de collaboration avec des entreprises canadiennes, notamment dans les domaines de la construction navale, de l’aérospatiale, des technologies de défense, des minéraux critiques et de la recherche industrielle. Pour l’industrie automobile canadienne, qui espérait obtenir un nouveau moteur de croissance grâce à ce mégacontrat, il faudra toutefois attendre une autre occasion.

Avec des renseignements d’Automotive News

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