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Waymo choisit Toronto pour lancer ses robotaxis au Canada


Waymo choisit Toronto pour lancer ses robotaxis au Canada

Le Canada entre officiellement dans le radar de Waymo. L’entreprise américaine spécialisée dans la conduite autonome a choisi Toronto comme première ville canadienne pour déployer ses robotaxis.

Les véhicules de Waymo doivent commencer à circuler dans les rues de Toronto dans les prochains jours, mais il faudra patienter avant de pouvoir monter à bord. L’entreprise prévoit accueillir ses premiers passagers en 2028.

Toronto devient ainsi le quatrième marché international annoncé par Waymo, après Londres, Tokyo et Singapour.

Mais il existe un petit détail, et il n’est pas négligeable : l’Ontario ne possède actuellement aucun cadre réglementaire permettant l’exploitation commerciale d’un service de transport entièrement sans conducteur.

D’abord cartographier Toronto, ensuite transporter des passagers

Waymo ne compte pas débarquer à Toronto en retirant immédiatement les conducteurs de sécurité de ses véhicules.

Comme elle le fait lors de son arrivée dans une nouvelle ville, l’entreprise commencera par faire circuler ses voitures avec des conducteurs humains.

Ces véhicules serviront à produire des cartes haute définition, à accumuler des données et à valider le comportement du système de conduite autonome dans les différentes conditions rencontrées sur les routes torontoises.

La compagnie prévoit ainsi prendre son temps avant de transporter des passagers sans conducteur.

Et Toronto offre un laboratoire particulièrement intéressant : circulation dense, rues étroites, tramways, cyclistes, piétons, travaux routiers et, surtout, conditions hivernales difficiles.

Element Fleet Management au cœur des opérations

Pour gérer sa flotte canadienne, Waymo s’associera à Element Fleet Management, une entreprise dont le siège social est situé à Toronto.

Element sera responsable de la gestion complète de la flotte, tandis que Waymo pourra compter sur plusieurs partenaires canadiens déjà associés à son développement.

Parmi eux figurent notamment l’Office d’investissement du Régime de pensions du Canada ainsi que Magna International, partenaire industriel de Waymo.

La compagnie affirme également que son implantation pourrait entraîner la création de centaines d’emplois au fil du temps.

Ces postes toucheraient notamment l’entretien des véhicules, la validation des systèmes, le service à la clientèle et les opérations.

L’emploi, un enjeu politique à Toronto

Cette promesse d’emplois n’est pas anodine.

En avril dernier, le bureau de la mairesse de Toronto, Olivia Chow, avait indiqué qu’il ne soutiendrait pas Waymo si le service devait entraîner des pertes d’emplois.

La position de la Ville est donc assez claire : avant de remplacer des chauffeurs par des ordinateurs, Waymo devra démontrer que son implantation apportera également des retombées économiques.

L’annonce de centaines d’emplois permet justement à Waymo de répondre en partie à cette préoccupation.

Le principal obstacle se trouve à Queen’s Park

La technologie ne sera toutefois pas le seul défi.

Le véritable casse-tête pourrait se trouver du côté de la réglementation ontarienne.

L’Ontario permet depuis 2016 les essais de véhicules automatisés dans le cadre d’un programme pilote. Les essais de véhicules sans conducteur ont été autorisés à partir de 2019.

Le problème : le règlement actuel doit être abrogé le 13 octobre 2027, soit quelques mois avant la date ciblée par Waymo pour commencer à transporter des passagers.

Et surtout, ce programme constitue essentiellement un cadre d’essai. Il ne représente pas une licence permettant d’exploiter un service commercial de transport autonome.

Le gouvernement ontarien devra donc mettre en place un nouveau cadre réglementaire s’il veut permettre à Waymo de respecter son échéancier de 2028.

Waymo devra affronter les hivers canadiens

L’autre grand défi s’appelle… l’hiver.

Waymo affirme que son système est conçu pour fonctionner dans toutes les conditions météorologiques. Toronto lui donnera cependant l’occasion de mettre cette affirmation à l’épreuve.

Neige, pluie verglaçante, gadoue, sel de voirie, glace et visibilité réduite représentent des défis considérables pour les caméras, radars et autres capteurs utilisés par les véhicules autonomes.

Waymo dispose déjà d’une expérience dans des marchés nord-américains soumis à la neige.

Denver, au Colorado, constitue notamment un précédent intéressant, puisqu’il s’agit du premier véritable marché hivernal de l’entreprise.

Toronto pourrait toutefois offrir une combinaison encore plus complexe de neige, de pluie verglaçante et de circulation urbaine dense.

Plus de 400 millions de kilomètres autonomes

Waymo mise évidemment sur son expérience accumulée aux États-Unis.

L’entreprise affirme avoir parcouru plus de 400 millions de kilomètres en conduite entièrement autonome et soutient que ses véhicules ont été impliqués dans 95 % moins de collisions causant des blessures graves ou plus importantes que les conducteurs humains dans les villes où elle est présente.

Waymo affirme également avoir évité 841 blessures grâce à sa technologie.

Son service compte maintenant plus de 500 000 courses payantes par semaine réparties dans plus d’une douzaine de régions métropolitaines américaines.

La compagnie poursuit donc une stratégie d’expansion beaucoup plus prudente que celle de certains concurrents.

Tesla joue une autre partie

La comparaison avec Tesla est inévitable.

Tesla exploite également un service baptisé Robotaxi dans plusieurs villes américaines, mais son déploiement demeure beaucoup plus limité et le constructeur ne fournit pas le même niveau de détails sur le nombre de véhicules fonctionnant sans surveillance humaine.

Tesla n’a par ailleurs annoncé aucune date précise pour lancer un véritable service de robotaxis au Canada.

Waymo semble donc vouloir prendre une longueur d’avance sur le marché canadien en s’installant d’abord sur le terrain, puis en développant progressivement son service.

Toronto pourrait être la porte d’entrée canadienne

Le choix de Toronto n’est pas surprenant.

La région métropolitaine représente le plus important marché urbain du Canada et possède une forte densité de population, un important réseau de transport et des conditions de circulation suffisamment complexes pour mettre la technologie à l’épreuve.

Pour Waymo, Toronto constitue donc à la fois un marché potentiel et un gigantesque banc d’essai.

L’entreprise se donne d’ailleurs plus de deux ans entre le début des essais et l’arrivée des premiers passagers.

C’est probablement la bonne approche.

2028 : la date de Waymo, mais aussi celle de l’Ontario

Le véritable échéancier pourrait finalement être celui du gouvernement ontarien.

Waymo peut cartographier les rues de Toronto, perfectionner ses logiciels et tester ses capteurs autant qu’elle le souhaite. Sans cadre légal permettant le transport commercial de passagers sans conducteur, aucun robotaxi ne pourra réellement démarrer son activité.

L’entreprise devra donc travailler avec Queen’s Park et la Ville de Toronto au cours des prochains mois.

Si tout se déroule comme prévu, les premiers Torontois pourraient donc prendre place dans un robotaxi Waymo en 2028.

Et pour les automobilistes québécois qui observent l’expérience de près, une question demeure : après Toronto, combien de temps avant que Montréal soit à son tour dans la mire de Waymo?

Avec des renseignements d’Electrek

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