Lucid Motors dément les rumeurs de faillite
Un plongeon spectaculaire de son action en bourse
L’action de Lucid Motors (NASDAQ : LCID) a vécu une journée chaotique mardi, perdant plus de 40 % de sa valeur avant que les échanges ne soient interrompus à plusieurs reprises en raison de l’extrême volatilité. À l’origine de cette chute : un article affirmant que le constructeur de véhicules électriques envisagerait une mise sous la protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites ou un retrait de la Bourse. La réaction de Lucid n’a toutefois pas tardé. L’entreprise a qualifié ces informations de « complètement fausses », affirmant que sa situation financière lui permet de poursuivre ses activités pendant encore plusieurs trimestres.
Une rumeur qui a semé la panique
Le scénario est parti d’un article publié par le site eletric-vehicles.com, qui prétendait que le cabinet de restructuration AlixPartners aurait conseillé au conseil d’administration d’étudier plusieurs avenues stratégiques, dont une privatisation de l’entreprise ou une demande de protection sous le chapitre 11. Cette information est tombée dans un contexte où l’action Lucid était déjà fragilisée, provoquant une véritable panique chez les investisseurs. Les échanges ont été suspendus à deux reprises sur le Nasdaq en raison de la forte volatilité. L’effet s’est même propagé à d’autres fabricants de véhicules électriques, notamment Rivian, dont le titre a également reculé.
Lucid réfute catégoriquement les allégations
Le responsable des communications de Lucid, Nick Twork, a rapidement pris la parole pour démentir les rumeurs. Selon lui, AlixPartners n’a jamais recommandé une faillite à la direction ou au conseil d’administration. Le cabinet agit uniquement comme conseiller afin d’améliorer l’efficacité opérationnelle de l’entreprise. Lucid affirme également qu’aucun comité spécial n’a été créé pour étudier une vente de la société ou une restructuration financière. L’entreprise insiste enfin sur le fait qu’elle dispose de suffisamment de liquidités pour financer ses activités jusqu’en 2027.
Une situation financière difficile, mais loin de la faillite
Les plus récents résultats financiers montrent effectivement que Lucid possède encore une importante réserve de capitaux. À la fin du premier trimestre de 2026, le constructeur détenait environ 714 millions de dollars américains en encaisse, placements et équivalents de trésorerie, ainsi qu’une liquidité totale de 3,2 milliards de dollars. En avril, l’entreprise a renforcé sa situation financière grâce à un financement supplémentaire de 1,05 milliard de dollars américains. Cette opération comprend notamment 550 millions de dollars provenant du Public Investment Fund (PIF) d’Arabie saoudite sous forme d’actions privilégiées convertibles, 200 millions de dollars investis par Uber et 500 millions de dollars obtenus par l’entremise d’un prêt du PIF.
En tenant compte de ces opérations, la liquidité totale de Lucid approche désormais 4,7 milliards de dollars américains, un niveau que plusieurs analystes jugent suffisant pour soutenir les activités jusqu’à la fin de 2027.
Des pertes qui demeurent préoccupantes
Si le risque immédiat de faillite semble écarté, les défis financiers demeurent considérables. Au premier trimestre de 2026, Lucid a enregistré une perte nette de 1,03 milliard de dollars américains, soit près de trois fois celle enregistrée un an auparavant. En 2025, l’entreprise a consommé près de 3,8 milliards de dollars en flux de trésorerie disponibles négatifs, tout en ne livrant que 15 800 véhicules. Selon plusieurs analystes de Wall Street, Lucid ne devrait pas générer de flux de trésorerie positifs avant 2030, tandis que les pertes cumulées pourraient atteindre 6,7 milliards de dollars américains d’ici 2028.
Une restructuration déjà bien amorcée
Face à cette réalité, Lucid a multiplié les mesures de réduction des coûts. En juin, le constructeur a supprimé 18 % de ses effectifs, après une première vague de licenciements quelques mois plus tôt. L’entreprise a également profondément remanié son équipe de direction sous la gouverne de son nouveau président-directeur général, Silvio Napoli, tout en retirant ses prévisions de production pour 2026. Ces difficultés expliquent en partie la dégringolade du titre boursier. Depuis son sommet de près de 58 $ US atteint lors de son entrée en Bourse en 2021, l’action a perdu plus de 90 % de sa valeur.
Conclusion
Même si la santé financière de Lucid demeure fragile, rien ne permet actuellement de conclure qu’une faillite est imminente. L’intervention d’AlixPartners s’inscrit dans une démarche relativement courante visant à améliorer l’efficacité opérationnelle d’une entreprise qui cherche à réduire ses coûts. Cela est très différent d’un processus officiel de restructuration sous le chapitre 11. Le marché a néanmoins réagi de façon extrêmement nerveuse à une information provenant d’une source peu connue et qui n’était appuyée par aucun document réglementaire ni par une communication officielle de l’entreprise. Cette chute spectaculaire illustre à quel point les jeunes constructeurs de véhicules électriques restent vulnérables aux rumeurs, surtout dans un contexte où leur rentabilité demeure encore très éloignée. Pour les investisseurs, le véritable défi de Lucid ne réside pas dans une faillite imminente, mais dans sa capacité à augmenter rapidement ses volumes de production tout en réduisant des pertes qui continuent de se chiffrer en milliards de dollars.
Avec des renseignements d’Electrek

