Remorquage en mode Super Cruise en GMC Sierra
Kananaskis, Alberta- Les longues traversées de l’Ouest canadien mettent autant à l’épreuve le conducteur que la mécanique. Entre Calgary et les montagnes Rocheuses, les routes qui serpentent vers le parc provincial de Kananaskis offrent un décor spectaculaire où les sommets enneigés, les lacs turquoise et les vallées boisées se succèdent à perte de vue. C’est également un terrain idéal pour mettre à l’essai l’une des aides à la conduite les plus évoluées de l’industrie : Super Cruise, installé à bord du GMC Sierra. Contrairement à ce que son nom pourrait laisser croire, Super Cruise ne transforme pas le Sierra en véhicule autonome. Il s’agit d’un système d’assistance de niveau 2 qui permet de retirer les mains du volant sur certaines routes, tout en exigeant que le conducteur garde les yeux rivés sur la circulation. La nuance est importante et General Motors tient à la rappeler constamment.
Une technologie développée au Canada
Peu de conducteurs le savent, mais Super Cruise constitue aussi une réussite canadienne. La technologie a été développée en grande partie au Centre technique canadien de General Motors en Ontario. Aujourd’hui, près d’un million de kilomètres de routes nord-américaines ont été cartographiés au laser (LiDAR), dont l’ensemble du réseau transcanadien. Contrairement à plusieurs concurrents qui privilégient d’abord les grands centres urbains américains, GM a pris soin d’inclure le Canada d’un océan à l’autre, jusque dans les régions les plus éloignées. Au total, plus de 1,6 milliard de kilomètres ont déjà été parcourus en mode Super Cruise en Amérique du Nord, permettant au constructeur d’accumuler une quantité impressionnante de données pour améliorer continuellement son système.
Une multitude de capteurs qui travaillent ensemble
Le fonctionnement repose sur une combinaison sophistiquée de technologies. Des caméras haute définition scrutent les marquages au sol, tandis que des radars surveillent les véhicules environnants. Le GPS haute précision travaille de concert avec une cartographie LiDAR extrêmement détaillée, ce qui permet au Sierra de connaître sa position au centimètre près. Un système infrarouge installé sur la colonne de direction surveille également le visage du conducteur. Si celui-ci détourne son regard trop longtemps, des avertissements visuels puis sonores apparaissent rapidement. Le véhicule peut même désactiver Super Cruise si le conducteur ne réagit pas. Cette surveillance permanente constitue d’ailleurs l’une des grandes forces du système.
Le remorquage : le véritable terrain d’essai
Là où Super Cruise impressionne réellement, c’est lorsqu’on accroche une remorque derrière le Sierra. Notre véhicule d’essai tractait une remorque double essieu d’environ 20 pieds. Une fois la remorque branchée électriquement, le système détecte automatiquement sa présence. Encore mieux, le conducteur peut entrer les dimensions exactes de la remorque dans l’écran multimédia. Cette étape permet d’adapter plusieurs fonctions comme surveillance des angles morts, le calcul des distances de freinage, l’affichage des caméras et les trajectoires plus conservatrices. GM autorise l’utilisation de Super Cruise avec des remorques pouvant atteindre 30 pieds de longueur et 8,5 pieds de largeur, ce qui couvre la majorité des caravanes et remorques de loisirs.
Une conduite étonnamment sereine
Une fois sur les routes de Kananaskis, le Sierra démontre rapidement pourquoi General Motors fait figure de référence. Même avec près de 5 000 livres derrière le pare-chocs, le camion demeure parfaitement centré dans sa voie. Les corrections sont douces, progressives et beaucoup moins nerveuses que celles observées sur certains systèmes concurrents. Les vents latéraux qui balaient régulièrement les vallées de l’Alberta ne semblent pas perturber le véhicule. Super Cruise corrige discrètement la trajectoire sans provoquer d’effet de louvoiement. Le système anticipe également les freinages en tenant compte du poids supplémentaire de la remorque. Les ingénieurs ont volontairement augmenté les marges de sécurité afin de respecter les lois de la physique. Autre détail rassurant : Super Cruise se désactive automatiquement avant chaque passage à niveau, laissant entièrement le contrôle au conducteur.
Les paysages de Kananaskis méritent toute votre attention
L’un des plaisirs de cette région est justement de pouvoir admirer les paysages… tout en gardant les yeux sur la route. Les immenses forêts de pins, les pics rocheux qui dominent l’horizon et les eaux cristallines du lac Barrier composent un décor parmi les plus spectaculaires du Canada. Le système réduit suffisamment la charge mentale pour permettre au conducteur d’apprécier davantage le voyage sans être constamment occupé à corriger la trajectoire du véhicule. Ce n’est évidemment pas une invitation à se distraire, mais plutôt à arriver à destination beaucoup moins fatigué.
Face au Full Self-Driving de Tesla
La comparaison avec le Full Self-Driving (FSD) de Tesla est inévitable. L’approche de Tesla est beaucoup plus ambitieuse. Son système cherche à fonctionner pratiquement partout, sans cartographie LiDAR dédiée, en s’appuyant principalement sur des caméras et l’intelligence artificielle. Résultat : il peut circuler en ville, gérer les intersections, les feux de circulation et les ronds-points, mais son comportement demeure plus variable selon les situations. General Motors a choisi une philosophie complètement différente. Super Cruise n’est disponible que sur des routes préalablement cartographiées, mais dans cet environnement précis, son fonctionnement apparaît généralement plus constant, plus prévisible et plus rassurant. Les interventions sont rares et les mouvements du véhicule demeurent particulièrement fluides. En revanche, Tesla conserve un avantage en matière de polyvalence puisqu’il peut fonctionner pratiquement partout, même si le conducteur doit rester prêt à intervenir à tout moment. Sur autoroute, Super Cruise donne souvent une impression de maturité supérieure. En milieu urbain complexe, le FSD offre davantage de possibilités. Deux visions différentes d’un même objectif : assister le conducteur sans encore le remplacer.
Conclusion
Après plusieurs centaines de kilomètres sur les routes de l’Alberta, difficile de ne pas ressortir impressionné. Super Cruise ne prétend pas être une voiture autonome et c’est précisément ce qui fait sa force. Il connaît parfaitement ses limites, les respecte et les communique clairement au conducteur. Dans un GMC Sierra utilisé pour parcourir de longues distances ou remorquer une caravane pendant les vacances, il réduit considérablement la fatigue et améliore le confort de conduite sans générer un faux sentiment de sécurité. À l’heure où plusieurs constructeurs promettent une autonomie complète qui tarde encore à se concrétiser, General Motors livre une technologie mature, crédible et réellement utile au quotidien. Pour ceux qui parcourent régulièrement les immenses autoroutes canadiennes, Super Cruise demeure aujourd’hui l’une des meilleures aides à la conduite disponibles sur le marché.
Forces
- Fonctionnement très naturel et rassurant sur les routes compatibles.
- Réduction importante de la fatigue sur les longs trajets.
- Excellente intégration avec les fonctions de remorquage du GMC Sierra.
- Gestion précise du centrage dans la voie et de la vitesse.
- Cartographie canadienne très complète, incluant les régions éloignées.
- Surveillance active du conducteur efficace et discrète.
Faiblesses
- Fonctionne uniquement sur des routes cartographiées.
- Les changements de voie automatiques sont désactivés lors du remorquage.
- Le conducteur doit demeurer constamment attentif.
- Certaines routes secondaires ou mal marquées limitent son utilisation.
- L’abonnement devient nécessaire après la période gratuite selon le modèle.

