Mercedes-Benz Classe S 2027
Une classe où abondent les superlatifs
Hambourg, Allemagne – La motorisation de la Mercedes-Benz Classe S 2027 est riche : un V12 dans la version Maybach, un V8, trois six en ligne à essence, deux Diesel et deux hybrides rechargeables. Mais ne vous emballez pas trop vite puisque les Canadiens n’auront droit pour l’instant qu’au V8 biturbo 4,0L de 530 chevaux et au 6-cylindres en ligne 3,0L turbo de 443 chevaux. Plus précisément, quelque part durant l’été, nous accueilleront la Mercedes-Benz S 500 4MATIC et la Mercedes-Benz S 580 4MATIC. Toutes deux à empattement allongé (la Maybach est encore plus longue) et dotées de la 9G-Tronic à 9 rapports dont la spécialité est le comportement velouté.
Les Américains savent qu’ils auront en prime la S 580 e 4MATIC capable de fournir une autonomie toute électrique d’environ 100 km. Un porte-parole de Mercedes-Benz Canada a expliqué à L’Annuel de l’automobile que la direction « continuait d’évaluer la demande du marché et les conditions de conformité » pour décider si oui ou non on introduirait ce modèle PHEV chez nous.
Quant à l’autre « plug-in », la S 450 e, son sort est déjà scellé : son absence de rouage intégral AIRMATIC (il s’agit donc d’une automobile à motricité arrière) la cantonnera à l’Europe et l’Asie.
Les nouveautés
Il n’y a pas à proprement parler dans cette S fortement rafraîchie de 7e génération des machins révolutionnaires. Mais il y a des choses qui attirent l’attention. Comme l’étoile à trois branches au bout du long capot qui désormais brille la nuit, tout comme le pourtour de la grille agrandie de 20%, une calandre ornée elle-même d’une pléiade d’étoiles. Ce symbole est devenu si important pour Mercedes-Benz que, en plus de l’intégrer à ses museaux contemporains, elle en multiplie la présence autant que faire se peut, que ce soit dans les phares à micro-LED au faisceau plus généreux ou dans les feux arrière dont les étoiles stylisées à trois branches rougeoient comme des tisons.
Comme les buses d’aération qui sont animées numériquement ou ce nouveau filtre à air électrique qui, doté du contrôle « Energizing Air », veille à ce que les occupants de la S respirent un air pur et vivifiant. Comme si je croisais Charlize Theron embaumée d’un divin parfum. Enfin, quelque chose du genre. Comme les ceintures de sécurité avant qui sont désormais chauffantes. Hé non, on n’arrête pas le progrès. Comme les roues arrière qui pivotent de 4 degrés et même de 10 en cochant la bonne option. Pratique pour manœuvrer la baleine dans les espaces serrés.
Comme la section arrière de la Classe S qui est un argument-massue pour embaucher illico un chauffeur afin que les occupants de la banquette (à trois places, ou alors seulement deux pour aménager au centre l’essentiel réfrigérateur et les flûtes à champagne) puissent jouir des deux écrans de 13.1 po contrôlables chacun par une télécommande détachable qui ajuste aussi la température ambiante, la transparence des glaces, l’incroyable sono Burmester à 3D ou 4D optionnelle, la vidéo conférence (caméras dans les écrans), Disney+ ou RIDEVU (Sony). Les occupants devront toutefois jouer à pile ou face pour déterminer qui se prélassera dans le fauteuil de droite qui se transforme quasiment en couchette.
À l’avant, pendant que le conducteur/chauffeur se concentre sur les infos pratiques affichées dans l’écran de 12,3 po profilé derrière le majestueux volant, le super écran MBUX qui accapare le reste du tableau de bord fait défiler, au centre, une ribambelle d’icônes et, à droite, de quoi divertir le passager très, très longtemps. Au lieu d’essayer de se démêler dans ce capharnaüm d’applications, les paresseux comme moi préfèreront dire « Hey Mercedes ! » et passer la commande de leur choix à l’intelligence artificielle créée conjointement par Microsoft et Google. Elle n’attend qu’un mot de votre part pour devenir votre meilleur ami.
Du codage pour les fins et les fous
Les entrailles de la S recèlent plusieurs ordinateurs. Celui que tient l’ingénieur Matthias Kaiser (voir la photo) sert spécifiquement à contrôler les aides à la conduite. Il est capable de jongler avec, tenez-vous bien, plus de 254 billions d’opérations à la seconde ! Pas 254 milliards, ce qui serait mille fois moins. Bel et bien le chiffre 254 suivi de 12 zéros…
J’essaie de conceptualiser cette vitesse et j’en suis incapable. Un collègue de Matthias s’est amusé à visualiser la phénoménale puissance de calcul de cet ordinateur avec l’aide de l’IA : en supposant qu’un conducteur conduirait une Mercedes-Benz CLA électrique avec une batterie pleine jusqu’à ce qu’elle soit totalement épuisée, les ordinateurs de bord auraient eu le temps de jongler avec plus d’opérations qu’il y a de grains de sable sur toutes les plages du… monde entier !
Et je vous rappelle qu’il ne s’agit que d’un seul des ordinateurs de la nouvelle Classe S. Un autre s’occupe du volet sécurité du véhicule, comme la pré-tension des ceintures de sécurité et la force de déclenchement des coussins gonflables. Un autre ordinateur veille exclusivement sur les fonctions d’infodivertissement. Et ainsi de suite. Bref, plus que jamais, l’automobile moderne performe grâce à l’informatique.
D’ailleurs, pour contrôler le réseau de cerveaux électroniques de la S, Mercedes-Benz a développé à l’interne son propre système d’exploitation. MB.OS gère tout : la puissance, l’assistance à la conduite, la suspension, le divertissement, tout. Non content d’être omnipotent, il siège dans le « nuage » (des serveurs à distance) de M-B, toujours prêt à relayer des informations et des améliorations par la voie des airs. Refroidi à l’eau, le super ordi a été conçu assez gros pour héberger plus tard des fonctions de la S encore inconnues.
Les sous-systèmes dirigés par MB.OS sont affublés eux aussi d’acronymes qui doivent être importants puisque le constructeur les écrits avec des majuscules…
MB.DRIVE supervise la conduite et les manœuvres de stationnement. À la base, MB.DRIVE ASSIST veille par exemple au changement de voies et à l’évitement d’obstacles (inertes ou pas, mobiles ou pas). Ajoutez-y ASSIST PRO et on parle d’une conduite autonome qui s’arrête automatiquement aux feux rouges et aux panneaux d’arrêt. D’abord offert en Chine puis aux USA, puis dans les autres marchés où la législation l’autorisera, ce qui ne sera pas demain la veille au Canada parce que c’est toujours plus compliqué dans un pays où chaque province peut légiférer sur ce qui est permis ou pas et où l’hiver viendrait de toute façon compliquer la tâche des 10 caméras et 17 capteurs de la Classe S 2027.
Dommage car le système MB.DRIVE PARKING ASSIST5 est désormais capable de stationner l’auto en épi (en angle) et même de détecter les places de stationnement qui ne sont pas nécessairement délimitées par des lignes.
La suspension pneumatique AIRMATIC, déjà sophistiquée en réagissant savamment aux imperfections de la chaussée, devient carrément magique avec l’option E-ACTIVE BODY CONTROL. Le module anticipe le nid-de-poule ou le dos d’âne, il le prédit avant qu’ils ne surgissent devant l’auto car celle-ci, en communication constante avec le « nuage M-B », se fait raconter ce que les autres M-B qui sont passées par la même route ont dû affronter comme dangers. En somme, les autos collaborent entre elles, puis les amortisseurs se tiennent prêts.
Brasser la cage
L’allure de la Classe S est avant tout, disons, relativement sage. On a beau l’avoir constellée d’étoiles lumineuses, sa silhouette respire la prestance. Si la S est le fruit de 140 ans de recherche et de développement chez M-Benz, depuis que Carl Benz a déposé son brevet en 1886, ça signifie aussi que la S est la dépositaire d’un héritage qui est palpable rien qu’en la regardant.
Mais il n’en tient qu’à vous de jazzer la tradition en vous adressant à la division MANUFAKTUR Made to Measure de Benz. On vous soumettra alors une palette de couleurs en comportant 150 pour la carrosserie et 400 pour l’habitacle. Autrement dit, un rapper ou un raélien peuvent se lâcher lousse et commander une S dont le look dérapera hors des sentiers battus. Vous pouvez même demander que les chimistes vous concoctent une couleur unique, la 151e du lot, tant que votre compte en banque est d’accord.
Et pour finir…
… avec un commentaire que vous aviez deviné depuis le début de ce texte : la Classe S 2027 de Mercedes-Benz nous balade du point A au point B dans un confort ouaté qui s’efforce admirablement de justifier la facture dans les six chiffres qui attend l’acheteur. D’autres constructeurs ont également mission sur Terre de transformer nos déplacements en promenades dorées et mémorables. Mais personne d’autre que Mercedes-Benz ne peut se vanter de le faire avec la bénédiction du papa de l’automobile.