Quatre constructeurs chinois se rapprochent du marché canadien
Le marché automobile canadien pourrait accueillir plusieurs nouveaux joueurs venus de Chine dès 2027. Jusqu’à quatre constructeurs automobiles chinois pourraient obtenir la certification nécessaire pour vendre leurs véhicules au pays au début de l’année prochaine, alors que les négociations avec les concessionnaires canadiens sont déjà bien avancées.
Selon Tim Reuss, président-directeur général de la Canadian Automobile Dealers Association (CADA), les nouveaux venus ont commencé à présenter leurs contrats de vente et de service aux concessionnaires intéressés.
BYD, Chery, Geely et Dongfeng se préparent
Les constructeurs chinois accélèrent leur implantation au Canada. BYD, Chery et Geely ont récemment lancé leurs sites Web canadiens, après avoir intensifié le recrutement de personnel destiné à leurs opérations locales durant l’été.
De son côté, Dongfeng a également manifesté son intérêt pour le marché canadien. Le constructeur avait indiqué en juillet travailler à la certification d’au moins deux modèles destinés au Canada.
Pour l’instant, les quatre entreprises demeurent discrètes sur leurs stratégies commerciales. Geely, Chery et Dongfeng n’ont pas répondu aux demandes de commentaires, tandis que BYD a refusé de préciser ses plans.
Chaque marque devrait miser sur le modèle traditionnel des concessionnaires franchisés. Selon Reuss, chacune pourrait disposer d’un ou deux modèles certifiés pour le Canada dès le début de 2027.
Une arrivée rendue possible par l’entente entre Ottawa et Pékin
L’arrivée de ces constructeurs est notamment liée à une entente conclue entre le Canada et la Chine.
En janvier, Ottawa a accepté de mettre fin au surtaxe punitive visant les véhicules électrifiés fabriqués en Chine et de la remplacer par un système de quotas.
La première année, jusqu’à 49 000 véhicules électriques fabriqués en Chine pourront ainsi entrer au Canada. Cette limite doit ensuite augmenter de 6,5 % par année.
Sur papier, cette entente ouvre donc la porte à plusieurs marques chinoises. Dans la réalité, toutefois, le nombre de véhicules disponibles pour les nouveaux constructeurs risque d’être beaucoup plus limité.
Un tiers du quota est déjà réservé
Le principal obstacle pour les nouveaux arrivants pourrait justement être le quota.
Près du tiers des 49 000 véhicules autorisés durant la première année est déjà réservé. Tesla représente la plus grande partie des importations, tandis que Polestar, Lotus et probablement Lincoln ont également obtenu une partie du quota.
Ford a récemment repris les ventes au Canada du Lincoln Nautilus hybride construit en Chine, mais le constructeur n’a pas confirmé officiellement sa participation au système de quotas.
À compter du 1er mars 2027, le quota passera à 52 185 véhicules pour sa deuxième année.
Pour les nouveaux constructeurs, cette disponibilité limitée pourrait compliquer considérablement le lancement de leurs activités.
Les concessionnaires veulent des garanties
Jusqu’à maintenant, Affaires mondiales Canada attribue les quotas selon le principe du premier arrivé, premier servi.
Pour Tim Reuss, cette méthode ne peut toutefois pas constituer une solution à long terme.
Les concessionnaires qui envisagent de représenter une nouvelle marque doivent investir des sommes importantes dans leurs installations, leurs équipements, leurs employés et leurs activités de service après-vente. Sans garantie concernant le nombre de véhicules qu’ils pourront vendre, ces investissements deviennent beaucoup plus risqués.
La CADA demande donc au gouvernement fédéral de revoir le système afin d’offrir davantage de visibilité aux constructeurs et aux concessionnaires.
Des investissements de plusieurs millions de dollars en jeu
Le problème dépasse largement la simple disponibilité des véhicules.
Pour établir une véritable présence au Canada, les nouvelles marques doivent mettre en place des réseaux de vente et d’entretien, former des techniciens, aménager des salles d’exposition et assurer l’approvisionnement en pièces.
Les concessionnaires veulent donc savoir quel volume de véhicules ils pourront obtenir année après année.
La CADA estime qu’il sera difficile de convaincre les entreprises d’investir plusieurs millions de dollars si elles ne disposent d’aucune garantie sur leur accès futur au marché.
La certification canadienne reste une étape importante
Avant de pouvoir vendre leurs véhicules, les constructeurs chinois doivent également satisfaire aux Normes de sécurité des véhicules automobiles du Canada.
Transport Canada n’a toutefois pas encore fourni de détails sur l’état d’avancement des procédures d’homologation des différentes marques chinoises.
En date du 8 octobre, le ministère ne recensait d’ailleurs aucune nouvelle marque approuvée pour importer des véhicules dans le cadre de ses programmes de précontrôle.
L’homologation constitue donc une autre étape cruciale avant le lancement commercial.
Un intérêt réel des consommateurs canadiens
Malgré les nombreux défis, la CADA affirme constater un intérêt réel pour les véhicules fabriqués en Chine.
Le défi sera maintenant de transformer cette curiosité en ventes durables.
Les marques chinoises demeurent relativement inconnues du grand public canadien comparativement aux constructeurs japonais, coréens, américains et européens établis depuis plusieurs décennies.
Elles devront donc investir dans leur image, leur réseau de service et la confiance des consommateurs.
Des profits limités au début
Pour les concessionnaires qui décideront de prendre le risque, les premières années pourraient être davantage consacrées à la construction de leur clientèle qu’à la recherche de profits importants.
Tim Reuss prévient que les volumes limités par le système de quotas ne permettront probablement pas de dégager des marges considérables dès le départ.
La CADA conseille ainsi aux concessionnaires de considérer ces nouvelles marques avec une vision à long terme.
Avec des renseignements d’Automotive News canada

