Nissan ramène le Frontier, le Murano et le Pathfinder au Canada
Les tarifs font grimper les prix de 8 000$
Après avoir pratiquement disparu du marché canadien pendant près d’un an, les Nissan Frontier, Murano et Pathfinder sont de retour. Nissan Canada a recommencé à livrer ces trois modèles au troisième trimestre de 2026, mais leur retour se fait dans des conditions pour le moins particulières. Fabriqués aux États-Unis, ces véhicules demeurent lourdement touchés par les tarifs douaniers. Nissan ne fonctionne actuellement qu’à 50 à 60 % des volumes de production qui prévalaient avant l’entrée en vigueur des tarifs. Le constructeur accepte également de réduire ses marges, tout comme ses concessionnaires, afin de maintenir ces modèles sur le marché canadien à des prix que l’entreprise juge acceptables.
Nissan limite volontairement les volumes
« Nous augmentons graduellement la production de ces véhicules, mais nous sommes encore seulement à environ 50 à 60 % des niveaux que nous avions avant les tarifs », a expliqué Steve Rhind, président de Nissan Canada, à Automotive News Canada. L’objectif est de maintenir une présence au Canada sans accumuler d’inventaire inutilement coûteux. Cette stratégie permet à Nissan de continuer à offrir le Frontier, le Murano et le Pathfinder aux consommateurs canadiens, tout en limitant l’impact financier des tarifs.
Une pause de près d’un an
Le problème remonte à avril 2025, lorsque les États-Unis ont imposé des droits de douane pouvant atteindre 25 % sur certains véhicules fabriqués au Canada. Le Canada avait répliqué avec ses propres mesures tarifaires. Ottawa avait ensuite mis en place un mécanisme d’exemption permettant aux constructeurs produisant des véhicules au Canada de récupérer une partie de leur capacité d’importation en franchise de droits. Nissan ne disposant toutefois d’aucune usine d’assemblage au Canada, le constructeur s’est retrouvé beaucoup plus exposé. En mai 2025, Nissan avait donc suspendu l’approvisionnement canadien des trois modèles fabriqués aux États-Unis
Les ventes recommencent à remonter
La reprise des livraisons a commencé à produire ses premiers effets au troisième trimestre de 2026. Nissan a vendu 209 Frontier au Canada durant cette période, contre seulement 83 au cours des deux premiers trimestres combinés. Le Murano a enregistré 280 ventes au troisième trimestre, comparativement à 350 durant la première moitié de l’année. Le Pathfinder, pour sa part, a affiché 669 ventes entre juillet et septembre, contre 383 au cours des deux premiers trimestres. La progression est donc réelle, mais les volumes restent très loin de ceux enregistrés avant la guerre commerciale.
Encore très loin des niveaux de 2024
La comparaison avec le troisième trimestre de 2024 est particulièrement révélatrice. À cette époque, Nissan avait vendu 918 Frontier, 703 Murano et 1 868 Pathfinder. Les trois modèles avaient donc représenté ensemble près de 3 500 véhicules en seulement trois mois. Au troisième trimestre de 2026, leurs ventes combinées n’ont atteint que 1 158 unités. Il faudra donc encore beaucoup de temps avant que Nissan retrouve son rythme d’avant les tarifs.
Des prix qui ont bondi de plus de 8 000 $
Les tarifs ne disparaissent évidemment pas par magie au moment où les véhicules traversent la frontière. Même si Nissan et ses concessionnaires acceptent de réduire leurs marges, les prix ont considérablement augmenté depuis 2024. Le Frontier affiche maintenant un prix de départ de 59 402 $, incluant les frais de livraison et autres frais applicables, comparativement à 52 686 $ avant l’entrée en vigueur des tarifs. Pour le Murano, la facture commence désormais à 58 796 $, contre 49 636 $ auparavant. Le Pathfinder débute pour sa part à 58 302 $, alors que son prix était de 49 986 $ avant les mesures tarifaires.
Nissan veut rester au Canada malgré tout
Selon Steve Rhind, le plan d’importation actuel a été conçu pour permettre à Nissan de maintenir les trois véhicules au Canada même si les tarifs demeurent en vigueur pendant une période prolongée.
Si les conditions commerciales s’améliorent, le constructeur affirme toutefois être prêt à augmenter rapidement la production destinée au marché canadien.
« Nous sommes optimistes et croyons qu’éventuellement, les têtes plus raisonnables prévaudront et qu’une entente sera conclue », a indiqué Rhind, qui espère que les tarifs pourront être ramenés à un niveau inférieur à celui d’aujourd’hui.
Un marché canadien toujours suspendu aux négociations
Les discussions commerciales entre le Canada et les États-Unis avancent depuis des mois par à-coups.
Un règlement semblait même à portée de main en août avant que les négociations ne s’effondrent dans leur dernière ligne droite.
Pour Nissan Canada, l’enjeu est particulièrement important. Contrairement aux constructeurs qui produisent des véhicules au Canada et peuvent bénéficier de certains mécanismes de compensation, Nissan doit importer ses principaux VUS et sa camionnette intermédiaire depuis les États-Unis.
Le retour du Frontier, du Murano et du Pathfinder constitue donc une bonne nouvelle pour les consommateurs canadiens, mais une bonne nouvelle sous conditions.
Avec des renseignements d’Automotive News Canada

