Xpeng discute avec Volkswagen pour acheter une usine en Europe
Le constructeur chinois de véhicules électriques Xpeng envisage sérieusement de produire ses véhicules en Europe. Selon un reportage du Financial Times, l’entreprise serait actuellement en discussions avec Volkswagen Group et d’autres constructeurs afin d’acquérir une usine européenne. Cette information survient quelques jours seulement après que le grand patron de Volkswagen, Oliver Blume, ait laissé entendre que le groupe allemand pourrait ouvrir certaines de ses capacités de production européennes à ses partenaires chinois.
Volkswagen cherche à réduire ses capacités en Allemagne
Volkswagen traverse actuellement une importante période de restructuration en Europe. Le constructeur examine différentes options pour ses usines de Dresde et d’Osnabrück dans le cadre d’un vaste programme de réduction des coûts visant ses opérations allemandes. Le groupe fait face à une baisse de rentabilité, à une demande européenne plus faible pour les véhicules électriques et à une concurrence de plus en plus agressive des constructeurs chinois. Cependant, le directeur de la marque Volkswagen, Thomas Schäfer, a rapidement minimisé les rumeurs lors du sommet Future of the Car organisé par le Financial Times. Selon lui, aucun constructeur ne se serait montré intéressé à reprendre les usines allemandes menacées de fermeture. Il a même qualifié ces informations de « non-sens ».
Xpeng veut accélérer son implantation européenne
Malgré ce démenti, Xpeng confirme explorer activement des possibilités industrielles en Europe. Elvis Cheng, directeur général de Xpeng pour l’Europe du Nord-Est, a reconnu que des discussions avaient lieu avec Volkswagen afin d’évaluer « s’il existe une possibilité de trouver un site ici en Europe ». Le constructeur chinois pourrait aussi choisir de construire sa propre usine plutôt que de reprendre une installation existante. Cheng a toutefois laissé entendre que certaines installations de Volkswagen pourraient être moins adaptées aux besoins technologiques futurs de Xpeng. « Nous pensons que toutes les usines ne peuvent pas répondre aux exigences de nos futurs produits », a-t-il expliqué, ajoutant que certaines usines allemandes étaient « un peu vieillissantes ».
Une relation déjà bien établie entre VW et Xpeng
Volkswagen possède déjà une participation dans Xpeng depuis 2023, dans le cadre d’un partenariat stratégique visant le développement de véhicules électriques destinés au marché chinois. Le groupe allemand collabore également avec plusieurs partenaires chinois, notamment SAIC Motor, FAW Group et JAC Motors. Aucun de ces partenaires ne possède actuellement d’usines en Europe. Pour Volkswagen, ouvrir certaines capacités industrielles à des partenaires chinois pourrait représenter une façon pragmatique de rentabiliser des installations sous-utilisées.
Les constructeurs chinois accélèrent leur offensive européenne
Comme plusieurs marques chinoises, Xpeng tente de réduire sa dépendance au marché chinois, fortement touché par une guerre des prix féroce entre constructeurs. L’Europe devient donc un marché stratégique malgré un environnement réglementaire plus complexe et des inquiétudes croissantes concernant les investissements chinois dans l’industrie automobile européenne. Xpeng a déjà commencé à produire certains véhicules en Europe l’été dernier grâce à une entente avec Magna Steyr, dans son usine de Graz, en Autriche. Le vice-président de Xpeng, Brian Gu, avait déjà indiqué en novembre dernier que le constructeur souhaitait accélérer son expansion européenne.
L’Europe devient le nouveau champ de bataille automobile
Cette possible transaction illustre surtout un changement majeur dans l’industrie automobile mondiale. Pendant des décennies, les constructeurs européens ont investi massivement en Chine. Aujourd’hui, ce sont les marques chinoises qui lorgnent les usines européennes. Et contrairement aux premières tentatives chinoises des années 2000, les nouveaux joueurs comme Xpeng arrivent avec des technologies compétitives, des logiciels avancés et des coûts de production difficiles à battre. Pour Volkswagen, déjà fragilisé par le ralentissement du marché électrique et ses coûts de production élevés en Allemagne, la pression ne fait qu’augmenter.
Avec des renseignements d’Automotive News

