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Audi investira 5,5 milliards $ dans une nouvelle usine aux États-Unis


Audi investira 5,5 milliards $ dans une nouvelle usine aux États-Unis

Audi construira sa première usine automobile aux États-Unis, un projet de 5,5 milliards $ CA qui doit créer environ 4 500 emplois en Géorgie. L’annonce survient alors que sa société mère, Volkswagen, traverse une période particulièrement difficile en Allemagne, marquée par des compressions d’emplois, la concurrence chinoise et les coûts associés à l’électrification. L’usine sera construite à Macon, en Géorgie, et devrait éventuellement produire jusqu’à 200 000 véhicules par année.

Les Audi Q7, Q8 et Q9 seront assemblés en Géorgie

Le nouveau complexe américain sera consacré aux grands VUS de la marque. Audi prévoit notamment y produire les Q7 et Q8, auxquels s’ajoutera le futur Q9, le plus imposant VUS jamais proposé par le constructeur allemand.

Une partie de la production actuellement réalisée à Bratislava, en Slovaquie, sera ainsi transférée vers les États-Unis.

Le choix de ces modèles n’est pas anodin. Les grands VUS à essence continuent de connaître une forte demande aux États-Unis, malgré la transition vers les véhicules électriques qui s’accélère ailleurs dans le monde.

Audi considère d’ailleurs le marché américain comme particulièrement important pour le Q9, dont le développement tient largement compte des goûts des consommateurs nord-américains.

Les tarifs américains changent la stratégie de Volkswagen

L’investissement intervient dans un contexte où les tarifs douaniers américains imposés aux véhicules et aux pièces européennes compliquent considérablement les activités de Volkswagen.

Le groupe allemand estime que les droits de douane de l’administration Trump pourraient lui coûter jusqu’à 7,3 milliards $ CA par année, avant même de tenir compte de l’effet d’une éventuelle baisse des ventes.

Volkswagen a d’ailleurs indiqué récemment que les tarifs continuaient d’exercer une pression importante sur ses activités.

La stratégie consiste donc en partie à produire davantage de véhicules directement aux États-Unis plutôt que de les importer d’Europe.

Le constructeur a déjà été contraint de déplacer une partie de la production de modèles moins coûteux, comme la Jetta et le Taos, du Mexique vers les États-Unis.

4 500 emplois en Géorgie

Audi prévoit que sa nouvelle usine créera environ 4 500 emplois. Le constructeur présente le projet comme un investissement à long terme dans le marché américain.

« Nous croyons au marché américain », a déclaré Gernot Döllner, président-directeur général d’Audi, lors de l’annonce.

Le dirigeant était présent aux côtés de Donald Trump lors d’un rassemblement politique en Géorgie pour dévoiler le projet. Une présence pour le moins inhabituelle pour le patron d’une grande marque automobile européenne.

Döllner a expliqué avoir accepté l’invitation par respect pour les États-Unis et leur marché.

Un contraste frappant avec la situation en Allemagne

Le nouvel investissement américain arrive toutefois à un moment particulièrement délicat pour Volkswagen dans son pays d’origine.

Le groupe allemand a annoncé d’importantes réductions d’effectifs et prévoit supprimer jusqu’à 100 000 emplois dans le cadre de sa restructuration.

Plusieurs facteurs sont en cause : la concurrence féroce des constructeurs chinois, les coûts élevés de la transition vers les véhicules électriques, la faiblesse de certains marchés européens et maintenant les tarifs américains.

Le contraste est difficile à manquer : Volkswagen investit des milliards et crée des milliers d’emplois aux États-Unis alors qu’il réduit fortement ses effectifs en Allemagne.

L’Amérique préfère les gros VUS

Le projet Audi illustre également une réalité du marché automobile américain. Alors que plusieurs constructeurs européens accélèrent leur électrification, les consommateurs américains continuent de privilégier les grands VUS à essence.

Audi compte donc continuer à répondre à cette demande avec ses modèles les plus imposants.

Le futur Q9 devrait jouer un rôle majeur dans cette stratégie. Il sera positionné au sommet de la gamme des VUS Audi et visera directement les consommateurs américains à la recherche d’un véhicule très spacieux, puissant et luxueux.

Pour Volkswagen, cette usine représente donc bien plus qu’un simple nouveau site de production. Elle constitue une façon de contourner une partie des tarifs douaniers américains, de rapprocher la production du principal marché pour ses gros VUS et de préserver une activité qui demeure très rentable.

Reste à voir si cette stratégie suffira à compenser les difficultés rencontrées par le groupe sur les marchés européens et chinois. Pour l’instant, une chose est certaine : les gros VUS ont encore beaucoup d’avenir aux États-Unis, même à une époque où l’industrie automobile parle constamment d’électrification.

Avec des renseignements d’Audi

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