Ottawa et l’Ontario injectent 2,5 milliards $ dans l’industrie automobile
Les normes d'émission mises sur pause jusqu'en 2029
Le gouvernement fédéral et celui de l’Ontario s’unissent pour soutenir l’industrie automobile canadienne, durement touchée par les tensions commerciales avec les États-Unis. Le premier ministre Mark Carney et son homologue ontarien Doug Ford ont annoncé, le 21 octobre, un investissement pouvant atteindre 2,5 milliards de dollars sur deux ans.
Cette enveloppe vise principalement à soutenir les constructeurs automobiles et leurs fournisseurs alors que les tarifs douaniers américains compliquent les échanges commerciaux entre les deux pays.
1,5 milliard $ provenant d’Ottawa
L’investissement combiné comprend 1,5 milliard de dollars du gouvernement fédéral sous forme de soutien aux investissements en capital, auxquels s’ajouteront 1 milliard de dollars du gouvernement de l’Ontario.
Cette somme s’inscrit dans un plan économique beaucoup plus vaste de 8,7 milliards de dollars, qui doit également soutenir les secteurs de l’acier et des mines et favoriser les investissements à long terme dans la province.
L’objectif est notamment de financer des projets automobiles de grande envergure, particulièrement ceux liés à l’expansion de la production de véhicules électriques et au maintien de la compétitivité internationale de l’industrie ontarienne.
Une nouvelle force opérationnelle Canada-Ontario sur l’automobile sera également créée afin d’assurer le suivi des investissements et des projets.
Les normes d’émissions mises sur pause jusqu’en 2029
Ottawa a également annoncé une mesure qui devrait être particulièrement surveillée par les constructeurs automobiles.
Le gouvernement fédéral suspendra jusqu’en 2029 le resserrement prévu des normes canadiennes d’émissions des véhicules. Les exigences actuelles demeureront donc en vigueur pendant cette période.
Les normes limitent actuellement les émissions de gaz à effet de serre des véhicules légers à 172 grammes par mille.
Le resserrement doit reprendre à partir de l’année-modèle 2030, avec comme objectif de s’inscrire dans la nouvelle cible canadienne de 75 % de ventes de véhicules électriques d’ici 2035.
Pour les constructeurs, cette pause offre donc quelques années supplémentaires pour adapter leurs gammes et leurs investissements dans un marché où la progression des véhicules électriques demeure plus incertaine qu’anticipé.
Les tarifs américains dans la ligne de mire
L’annonce intervient alors que les relations commerciales entre le Canada et les États-Unis continuent de peser lourdement sur le secteur automobile.
Les tarifs imposés par Washington sur les véhicules fabriqués au Canada, combinés aux mesures de représailles canadiennes visant certains véhicules produits aux États-Unis, ont contribué à faire diminuer les échanges automobiles entre les deux pays.
Mark Carney a reconnu que cette situation ne profite ni au Canada ni aux États-Unis.
« Personne ne gagne dans cette situation », a déclaré le premier ministre, soulignant que les tarifs affaiblissent les deux industries et réduisent le choix offert aux consommateurs.
Carney a également affirmé que le Canada demeurait prêt à négocier une entente commerciale équitable avec Washington lorsque les États-Unis seront prêts à discuter « de bonne foi ».
Le premier ministre a par ailleurs indiqué avoir discuté longuement avec le président américain Donald Trump mercredi matin.
Ford parle d’un plan « transformateur »
Pour Doug Ford, l’entente entre Ottawa et Queen’s Park constitue une étape importante pour assurer l’avenir de l’industrie automobile ontarienne.
Le premier ministre ontarien a qualifié le plan de « transformateur », estimant qu’il permettra d’offrir davantage de stabilité aux travailleurs et aux entreprises touchés par les conséquences des tarifs douaniers.
L’Ontario demeure le cœur de l’industrie automobile canadienne. Les usines d’assemblage, les fournisseurs de pièces et les secteurs de l’acier, de l’aluminium et des mines forment un écosystème industriel qui dépasse largement la seule production de véhicules.
Une bouffée d’air, mais pas une solution miracle
Les 2,5 milliards de dollars annoncés constituent une injection importante dans l’industrie automobile ontarienne. La décision de reporter le resserrement des normes d’émissions jusqu’en 2029 devrait également donner un peu de marge de manœuvre aux constructeurs.
Mais Ottawa et Queen’s Park ne font que gagner du temps. Entre les tarifs américains, la transition vers l’électrification, la concurrence chinoise et la nécessité de maintenir une industrie compétitive en Amérique du Nord, les prochaines années s’annoncent particulièrement mouvementées pour l’automobile canadienne.
Avec des renseignements de la presse canadienne

