Bugatti pourrait accoupler son V16 à une boîte manuelle
Et se débarrasser de l'hybridation au passage
Et si la prochaine Bugatti Tourbillon faisait quelque chose d’encore plus déraisonnable que de développer un V16 atmosphérique de 8,3 litres? Elle pourrait tout simplement se débarrasser de ses moteurs électriques et recevoir une boîte manuelle à trois pédales. L’idée n’est pas encore un projet confirmé, mais elle est bel et bien envisagée par Mate Rimac, patron de Bugatti Rimac. Et lorsqu’on parle d’une marque comme Bugatti, une idée qui semble complètement folle un lundi peut parfois devenir une voiture de production quelques années plus tard.
La Tourbillon serait davantage qu’une simple hypercar
La Tourbillon actuelle représente déjà un pied de nez spectaculaire à la tendance de l’industrie automobile.
Sous son capot se trouve un V16 atmosphérique de 8,3 litres développé avec Cosworth, associé à trois moteurs électriques et une batterie de 25 kWh. Le moteur thermique développe à lui seul 986 chevaux, atteint un régime de 9 000 tr/min et produit environ 900 Nm de couple.
L’ensemble permet à la Tourbillon d’atteindre des niveaux de performance qui feraient passer la plupart des voitures sportives pour des véhicules de promenade.
Mais selon Mate Rimac, la Tourbillon pourrait également servir de plateforme à d’autres dérivés. Cela ne signifie évidemment pas qu’une Tourbillon à boîte manuelle est officiellement en développement. Mais le simple fait que le patron de Bugatti envisage publiquement cette possibilité risque de faire rêver quelques collectionneurs disposant d’un compte bancaire suffisamment généreux.
La Tourbillon « régulière » aurait d’ailleurs été vendue en totalité avant même le début de sa production. Une éventuelle version encore plus exclusive pourrait donc trouver preneur sans trop de difficulté.
Adieu aux moteurs électriques?
Une version radicalement différente pourrait aller beaucoup plus loin qu’un simple changement de transmission.
Bugatti pourrait théoriquement retirer les trois moteurs électriques, la batterie de 25 kWh et la transmission à double embrayage afin de créer une voiture beaucoup plus légère et résolument analogique.
Évidemment, elle perdrait une partie de la puissance totale de la Tourbillon hybride. Mais elle gagnerait quelque chose que les chiffres de puissance ne peuvent pas mesurer : une relation beaucoup plus directe entre le conducteur, le moteur et la transmission.
Et franchement, un V16 atmosphérique de 8,3 litres avec une pédale d’embrayage, ça possède une certaine logique dans un monde où l’on commence à considérer trois pédales comme une technologie ancienne.
Le V16 n’a pas besoin d’aide pour impressionner
Le moteur thermique de la Tourbillon constitue déjà une excellente raison de poursuivre cette idée.
Avec ses 986 chevaux sans aucune assistance électrique, son régime maximal de 9 000 tr/min et ses 900 Nm, ce V16 n’a pas besoin d’un système hybride pour faire tourner les têtes.
Une transmission manuelle devrait toutefois être conçue pour supporter une puissance et un couple aussi importants. Ce serait probablement l’un des principaux défis techniques du projet.
Il faudrait également revoir une partie de l’architecture électronique et mécanique de la voiture. Mais Bugatti vient justement de démontrer que les solutions jugées impossibles ne sont pas nécessairement hors de portée.
Après tout, qui aurait sérieusement parié sur un V16 atmosphérique de 8,3 litres dans une voiture de production moderne il y a quelques années?
Plus lente, mais probablement plus intéressante
Une Tourbillon équipée d’une boîte manuelle ne serait vraisemblablement pas plus rapide que la version hybride. Et c’est précisément ce qui pourrait faire son charme.
La boîte à double embrayage est évidemment supérieure pour les accélérations et les temps au tour. Elle change les rapports en quelques fractions de seconde et exploite au maximum les capacités du groupe motopropulseur.
Une boîte manuelle ferait exactement le contraire.
Elle demanderait au conducteur de participer. De choisir le rapport, de gérer l’embrayage, de faire monter le moteur dans les tours et de savourer chaque changement de vitesse.
Dans un univers automobile obsédé par les dixièmes de seconde, ce serait presque une forme de résistance.
Une voiture pour collectionneurs
Une Tourbillon V16 à boîte manuelle serait aussi une candidate évidente au statut de future voiture de collection.
Le nombre d’exemplaires serait probablement très limité et la mécanique serait déjà pratiquement unique avant même d’ajouter la transmission manuelle. Dans 20 ou 30 ans, une Bugatti réunissant un V16 atmosphérique, trois pédales et une production confidentielle pourrait être encore plus recherchée que la version hybride.
Le genre de voiture qu’on achète avec l’intention de ne jamais la vendre… et que ses héritiers revendent pour une fortune quelques décennies plus tard.
Maître de la démesure
Le V16 de la Tourbillon est déjà un gigantesque doigt d’honneur à la tendance actuelle de la réduction de cylindrée.
Alors que plusieurs constructeurs cherchent à extraire toujours plus de puissance de moteurs plus petits grâce à la suralimentation et à l’électrification, Bugatti a choisi la voie inverse : 16 cylindres, 8,3 litres, aspiration naturelle et 9 000 tr/min.
L’ajout d’une boîte manuelle pousserait cette philosophie encore plus loin.
Pour l’instant, il ne s’agit toutefois que d’une possibilité. Bugatti n’a annoncé aucun projet officiel de Tourbillon à boîte manuelle.
Mais si Mate Rimac décide un jour de donner son feu vert, il pourrait créer l’une des voitures les plus extraordinaires — et probablement les plus convoitées — de l’ère automobile moderne.
Parce qu’une hypercar V16 à trois pédales, dans quelques années, risque d’être aussi rare qu’un concessionnaire qui accepte encore un chèque sans appeler son directeur financier.

