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Les travailleurs de Ford au Canada ratifient un contrat de trois ans


Les travailleurs de Ford au Canada ratifient un contrat de trois ans

Les membres du syndicat Unifor travaillant pour Ford au Canada ont ratifié un nouveau contrat de travail de trois ans, garantissant des hausses salariales annuelles de 3 %, une prime de 10 000 $ et d’importants investissements dans les installations canadiennes du constructeur. Le vote, tenu du 17 au 19 juillet, a été approuvé par 74 % des membres visés par l’entente principale. Le nouveau contrat couvre 5 150 travailleurs dans les installations de Ford en Ontario et en Alberta. Il entrera en vigueur le 21 septembre 2026 et prendra fin le 19 septembre 2029.

Des gains salariaux importants

L’entente prévoit une augmentation salariale de 3 % en 2026, 2027 et 2028. À la fin du contrat, le salaire horaire des travailleurs de production à plein taux atteindra 50,20 $, contre environ 44,52 $ actuellement pour les employés des constructeurs automobiles de Detroit au Canada. Le contrat maintient également les ajustements au coût de la vie, ou COLA, afin de permettre aux salaires de mieux suivre l’inflation. Les travailleurs admissibles recevront une prime de productivité et de qualité de 10 000 $, en plus d’une prime ponctuelle de 2 000 $ en décembre. L’entente prévoit aussi une amélioration de la progression salariale, des prestations de retraite plus généreuses et une bonification des allocations de soins de santé pour les retraités.

1,3 milliard $ d’investissements au Canada

L’entente intervient dans un contexte particulièrement difficile pour l’industrie automobile canadienne, alors que les tarifs américains sur les véhicules et les pièces produites au Canada menacent la rentabilité de certaines opérations. Ford se distingue toutefois de General Motors et de Stellantis en maintenant ses engagements industriels au Canada. Le constructeur prévoit investir 900 millions de dollars américains, soit environ 1,3 milliard de dollars canadiens, pendant la durée de la convention collective. De cette somme, 500 millions de dollars américains seront consacrés aux opérations de Windsor, notamment pour maximiser la production de moteurs de 5,0 litres à l’usine Essex. Un autre investissement de 400 millions de dollars américains sera réalisé au complexe d’assemblage d’Oakville pour soutenir la production du Ford Super Duty. « Un système manufacturier nord-américain solide et intégré est essentiel à notre compétitivité », a déclaré Jim Farley, président et chef de la direction de Ford, dans un communiqué.

Oakville demeure le principal point de tension

Si l’entente apporte une certaine stabilité aux employés de Ford, la situation demeure plus complexe à l’usine d’Oakville. Après deux années de transformation, l’usine doit commencer à produire le Ford Super Duty à l’automne. La production devrait toutefois débuter sur un seul quart de travail, ce qui signifie que le nombre d’emplois disponibles pourrait être inférieur à celui qui existait avant la conversion de l’usine. Unifor prévoit le rappel d’environ 1 800 à 1 900 employés à Oakville. Or, environ 2 800 travailleurs sont représentés par le syndicat dans cette usine. La différence pourrait donc entraîner des mises à pied prolongées pour plusieurs centaines de travailleurs. L’entente prévoit un programme visant à ramener les employés mis à pied vers le plein emploi d’ici le 1er juillet 2027. Des mesures financières sont également prévues pour encourager les départs à la retraite et faciliter la transition des travailleurs touchés.

Ford devient le premier test pour GM et Stellantis

Unifor avait choisi Ford comme première cible de ses négociations avec les trois grands constructeurs américains. Le syndicat souhaite maintenant utiliser cette entente comme modèle pour ses discussions à venir avec General Motors et Stellantis. La stratégie de négociation par modèle vise à obtenir des gains similaires en matière de salaires, de sécurité d’emploi et de prestations pour les quelque 19 000 travailleurs canadiens représentés par Unifor chez les trois constructeurs. Dans une industrie automobile secouée par les tarifs, les changements de production et la transition énergétique, Ford a donc réussi à éviter un conflit de travail tout en confirmant sa volonté de maintenir une présence industrielle importante au Canada. Reste maintenant à voir si les mêmes conditions pourront être reproduites chez GM et Stellantis.

Avec des renseignements d’Automotive News

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