Volvo V60 Cross Country
Le dernier de sa race
Il fut une époque où le mot Volvo évoquait immédiatement un familiale carré couleur beige conduit par un professeur d’université portant des lunettes rondes et un manteau en laine. Puis les VUS sont arrivés et tout le monde a soudainement décidé qu’il fallait grimper une montagne pour aller chercher un café au dépanneur. Pourtant, contre vents, marées et invasion de multisegments, la Volvo V60 Cross Country 2026 continue d’exister. Et franchement, c’est une excellente nouvelle. Dans un marché où les utilitaires se ressemblent de plus en plus, cette familiale surélevée conserve une personnalité unique. Elle demeure l’une des rares voitures capables de conjuguer élégance, polyvalence et comportement routier raffiné sans tomber dans le piège du gigantisme automobile.
Un design scandinave qui refuse de suivre la foule
La V60 Cross Country possède ce charme typiquement nordique : discret, sophistiqué et sans artifices inutiles. Volvo maîtrise depuis longtemps l’art du minimalisme élégant, et cette familiale en est probablement l’un des meilleurs exemples modernes. Avec ses 4 787 mm de longueur et sa silhouette basse de seulement 1 499 mm de hauteur, elle conserve les proportions classiques d’une familiale tout en ajoutant une garde au sol bonifiée de 63,5 mm par rapport à une V60 conventionnelle. Résultat : elle affiche une allure robuste sans donner l’impression d’avoir abusé des stéroïdes esthétiques comme certains VUS allemands. Les protections de carrosserie noires, les grandes roues de 19 pouces et les épaules musclées lui donnent un air d’aventurière chic prête à traverser les Laurentides sous une tempête de neige… avant de stationner devant un restaurant gastronomique du Vieux-Montréal.
Une survivante dans un monde de VUS
La V60 Cross Country représente aussi un morceau d’histoire automobile. Volvo a bâti sa réputation mondiale avec ses familiales, bien avant que les utilitaires deviennent omniprésents. Les mythiques 240, 740 et 850 Wagon ont forgé l’image de marque de la compagnie suédoise. Aujourd’hui, la V60 apparaît presque comme un acte de résistance automobile. Volvo elle-même concentre désormais ses efforts sur l’électrification et les VUS. Les rumeurs d’abandon du modèle circulent depuis plusieurs années. Pourtant, cette familiale continue de séduire une clientèle fidèle qui refuse de sacrifier le plaisir de conduite et l’élégance au profit d’un cube sur roues.
Un habitacle zen… à condition d’aimer les écrans
À bord, l’ambiance rappelle davantage un salon scandinave haut de gamme qu’un cockpit automobile traditionnel. Les lignes sont épurées, les matériaux respirent la qualité et l’ergonomie générale mise sur la simplicité. Volvo compte toujours parmi les sièges les plus confortables de l’industrie.
Certaines versions proposent même un superbe sélecteur de vitesses en cristal ( les chinois aiment bien les choses qui brillent) qui ajoute une touche presque artistique à l’ensemble. Les selleries disponibles, rehaussent encore davantage l’impression de luxe discret. L’espace cargo impressionne également. Avec 519 litres derrière la banquette et jusqu’à 1 431 litres une fois les sièges rabattus, la V60 Cross Country demeure beaucoup plus pratique qu’une berline traditionnelle. Elle peut avaler sans broncher vélos, équipements de ski ou de camping. La technologie embarquée repose largement sur l’écosystème Google intégré. Navigation, commandes vocales et connectivité sont modernes et efficaces. Apple CarPlay et Android Auto sont également de série. Le système audio Harman Kardon à 12 haut-parleurs livre une excellente qualité sonore, tandis que certaines versions reçoivent même le prestigieux système Bowers & Wilkins.
Le seul irritant demeure l’omniprésence de l’écran tactile. Volvo a pratiquement éliminé les boutons physiques, ce qui complique certaines commandes simples en conduite.
Une mécanique douce et civilisée
Sous le capot, la V60 Cross Country 2026 utilise un quatre-cylindres turbocompressé de 2,0 litres jumelé à un système hybride léger de 48 volts. L’ensemble développe 247 chevaux et 258 lb-pi de couple. Sur papier, les chiffres peuvent sembler modestes face à certaines rivales allemandes plus démonstratives. Sur la route, toutefois, le moteur se montre souple, silencieux et parfaitement adapté à la vocation du véhicule. Le 0 à 100 km/h s’effectue en environ 6,9 secondes. Ce n’est pas une voiture sportive, mais elle accélère avec suffisamment d’aisance pour les dépassements et les insertions autoroutières.
La boîte automatique à huit rapports effectue un excellent travail de gestion et la transmission intégrale assure une motricité rassurante en hiver. Dans les faits, cette Volvo préfère clairement les longues distances confortables aux départs canon aux feux rouges.
Une tenue de route sans faille
C’est probablement ici que la V60 Cross Country brille le plus. Malgré sa garde au sol relevée, elle conserve un centre de gravité beaucoup plus bas qu’un VUS conventionnel. Résultat : la tenue de route est nettement plus équilibrée. La direction est précise, les mouvements de caisse sont bien contrôlés et le confort de suspension demeure remarquable. Volvo réussit encore cette magie rare consistant à offrir une conduite douce sans transformer la voiture en guimauve flottante. Sur autoroute, la V60 donne l’impression de glisser sur l’asphalte avec un calme olympien. Les longs trajets deviennent presque relaxants, ce qui est plutôt rare en 2026 où plusieurs véhicules privilégient la fermeté artificielle au détriment du confort réel.
Consommation raisonnable
Ressources naturelles Canada annonce une consommation de 10,1 L/100 km en ville et 7,6 L/100 km sur autoroute, avec une moyenne combinée d’environ 8,9 L/100 km. Compte tenu du rouage intégral, du niveau de luxe et du poids de 1 831 kg, ces chiffres demeurent tout à fait acceptables. Le réservoir de 71 litres permet également une excellente autonomie sur longue distance.
Sécurité : Volvo demeure Volvo
Impossible de parler d’une Volvo sans évoquer la sécurité. La V60 Cross Country obtient d’excellentes notes dans les tests de collision, notamment pour les impacts latéraux et la résistance du toit. L’équipement est extrêmement complet : caméra 360 degrés, assistance au maintien de voie, système anticollision, surveillance des angles morts, assistance au stationnement et phares DEL adaptatifs figurent parmi les nombreux systèmes disponibles. Bref, conduire une Volvo demeure un peu comme porter un manteau d’hiver suédois haut de gamme : on se sent protégé contre absolument tout.
Prix
La gamme débute à environ 58 392 $ au Canada pour la version Core, incluant la majorité des frais. La version Plus ajoute environ 5 300 $, tandis que la version Ultimate dépasse maintenant les 70 000 $. Oui, c’est beaucoup d’argent pour une familiale. Mais la réalité est simple : il n’existe pratiquement plus de concurrentes directes. L’Audi Allroad demeure la rivale naturelle, mais plusieurs acheteurs considéreront également des VUS comme les BMW X3, Audi Q5 ou Mercedes-Benz GLC. Le problème pour ces utilitaires? Aucun n’offre réellement le mélange unique de style, confort et agrément de conduite de cette Volvo.
Conclusion
La Volvo V60 Cross Country 2026 est une anomalie magnifique dans l’industrie automobile actuelle. Elle refuse obstinément de devenir un VUS tout en offrant pratiquement les mêmes avantages pratiques. Elle séduira les conducteurs qui apprécient encore les voitures élégantes, confortables et intelligemment conçues. Ce n’est pas le véhicule le plus spectaculaire ni le plus rapide de sa catégorie, mais il possède quelque chose de beaucoup plus rare : une véritable personnalité.
Et dans un stationnement rempli de VUS gris anonymes, cela vaut énormément.
Forces
- Design intemporel qui vieillit mieux qu’un cabernet bien conservé
- Confort de roulement parmi les meilleurs de la catégorie
- Habitacle raffiné et ergonomie scandinave réussie
- Excellente sécurité active et passive
- Polyvalence supérieure à plusieurs VUS compacts de luxe
- Transmission intégrale efficace et rassurante en hiver québécois
Faiblesses
- Interface multimédia parfois trop dépendante de l’écran tactile
- Accélérations honnêtes, mais pas franchement sportives
- Prix qui grimpe rapidement dans les versions haut de gamme
- Fiabilité électronique perfectible
- Banquette arrière moins spacieuse qu’un gros utilitaire

