L’ACEUM et l’incertitude tarifaire menacent l’avenir des véhicules abordables
L’industrie automobile nord-américaine tire la sonnette d’alarme. Selon un livre blanc publié par Autos Drive America, les tarifs douaniers actuels et l’avenir incertain de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) pourraient réduire considérablement l’offre de véhicules abordables sur le marché nord-américain, alors que le prix moyen d’une voiture neuve dépasse désormais les 65 000 $ .
L’industrie réclame le maintien de l’ACEUM
Selon Autos Drive America, un durcissement des règles d’origine obligerait les constructeurs à investir des milliards de dollars supplémentaires afin de respecter les nouvelles exigences. Cette hausse des coûts pourrait entraîner l’abandon de certains modèles à faible marge bénéficiaire, notamment dans le segment des véhicules abordables.
Des coûts qui explosent pour les constructeurs
L’industrie automobile fait déjà face à des dizaines de milliards de dollars en coûts additionnels liés aux tarifs douaniers. À cela s’ajoutent les hausses du prix des matières premières, alimentées notamment par les tensions géopolitiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement. Dans son rapport publié le 3 juin, Autos Drive America affirme que la stabilité commerciale demeure essentielle à la santé du secteur.
Les véhicules abordables demeurent essentiels
Malgré l’augmentation constante du prix moyen des véhicules, le segment abordable continue d’occuper une place importante sur le marché nord-américain. L’étude souligne que la hausse du prix moyen est largement attribuable à la popularité croissante des VUS et des camionnettes pleine grandeur, beaucoup plus coûteux que les berlines compactes. Toutefois, plus des deux tiers de ces véhicules sont fabriqués à l’extérieur des États-Unis, ce qui les rend particulièrement vulnérables aux nouvelles mesures tarifaires.
Les tarifs sur l’acier et les pièces augmentent déjà les coûts
Les droits imposés sur l’acier, l’aluminium et les pièces automobiles affectent également les véhicules assemblés aux États-Unis. Selon le rapport, ces mesures ont ajouté entre 1 600 $ et 2 000 $ US au coût de production moyen de chaque véhicule fabriqué sur le territoire américain. Pour les modèles d’entrée de gamme, dont les marges bénéficiaires sont déjà limitées, cette situation devient particulièrement préoccupante.
Les nouvelles exigences proposées pourraient bouleverser la production
L’avenir de l’ACEUM soulève également des inquiétudes quant à la production de véhicules abordables. Environ deux millions de véhicules vendus sous la barre des 35 000 $ US aux États-Unis en 2025 provenaient du Canada ou du Mexique. L’administration Trump souhaite modifier les règles actuelles afin que 82 % de la valeur d’un véhicule provienne d’Amérique du Nord pour bénéficier du traitement préférentiel de l’accord. Plus encore, elle propose qu’au moins 50 % de cette valeur soit produite spécifiquement aux États-Unis. Actuellement, l’ACEUM exige seulement que 75 % du contenu d’un véhicule soit originaire du Canada, des États-Unis ou du Mexique, sans quota spécifique pour la production américaine.
Les constructeurs craignent le retrait de modèles économiques
Dès avril dernier, plusieurs constructeurs internationaux avaient averti l’administration américaine que certains de leurs modèles les moins coûteux pourraient être retirés du marché américain si l’ACEUM n’était pas renouvelé ou si une nouvelle entente ne réduisait pas les tarifs sur les véhicules et les pièces fabriqués en Amérique du Nord. Selon Autos Drive America, les constructeurs internationaux ont produit 76 % des véhicules vendus sous la barre des 35 000 $ US en 2025. Ils représentaient également 88 % des véhicules assemblés aux États-Unis et vendus à ce prix.
Un enjeu majeur pour les consommateurs
Le président Donald Trump a déjà évoqué à plusieurs reprises la possibilité de retirer les États-Unis de l’ACEUM afin de négocier séparément avec le Canada et le Mexique. Même en cas de renouvellement de l’accord, plusieurs observateurs s’attendent à ce que les tarifs élevés sur de nombreux produits canadiens et mexicains demeurent en vigueur. L’avenir de l’ACEUM pourrait donc jouer un rôle déterminant dans la capacité des ménages nord-américains à continuer d’acheter un véhicule neuf sans devoir franchir la barre des 65 000 $.
Avec des renseignements d’Automotive News

