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Les constructeurs sont inquiets de la dépréciation des véhicules électriques

Une vague silencieuse qui approche


Les constructeurs sont inquiets de la dépréciation des véhicules électriques

Le marché automobile s’apprête à encaisser un choc discret, mais potentiellement colossal. Des centaines de milliers de véhicules électriques arrivent en fin de location et retournent sur le marché avec une mauvaise surprise : leur valeur est bien inférieure aux prévisions. D’ici 2028, près de 800 000 VÉS devraient revenir sur le marché nord-américain. Et selon les projections, chacun pourrait valoir en moyenne environ 10 000 $ de moins que prévu. Une équation qui pourrait coûter jusqu’à 8 milliards de dollars à l’industrie.

L’effet boomerang de la location

Il y a à peine quelques années, la locationde VÉS explosait. Les mensualités attrayantes, largement soutenues par des incitatifs fiscaux, ont convaincu de nombreux consommateurs de franchir le pas. Aujourd’hui, ces contrats de deux à trois ans arrivent à échéance. Le problème, c’est que les modèles de dépréciation utilisés à l’époque se révèlent trop optimistes. Selon Cox Automotive, un VÉ de trois ans ne conserve plus qu’environ 40 % de sa valeur initiale, alors qu’il en valait près de 90 % au début de 2022. Une chute brutale qui prend de court les filiales financières des constructeurs.

Tesla et GM en première ligne

Tous les constructeurs sont exposés, mais certains le sont davantage que d’autres. En tête de liste, Tesla, qui domine largement le volume de VÉ en location. Son modèle d’affaires, combiné à des volumes importants, en fait le constructeur le plus vulnérable à cette dépréciation. Juste derrière, General Motors figure parmi les acteurs les plus exposés, suivi par Hyundai, Volkswagen Group, Ford et Honda. Les estimations suggèrent que Tesla et GM pourraient à eux seuls essuyer des pertes dépassant le milliard de dollars chacun sur leurs portefeuilles de location.

Une équation impossible à équilibrer

Le cœur du problème repose sur un mécanisme bien connu : la valeur résiduelle. Les filiales financières fixent le prix des loyers en fonction de la valeur estimée du véhicule à la fin du contrat. Or, aujourd’hui, ces véhicules valent beaucoup moins que prévu. Les vendre au prix initial les rend invendables. Ajuster les prix signifie absorber des pertes importantes. Selon S&P Global Mobility, aucune captive financière ne pourra éviter complètement l’impact. La bonne nouvelle, c’est que ces pertes resteront absorbables pour les grands groupes, sans mettre leur survie en péril.

Les stratégies pour limiter les dégâts

Face à cette situation, les constructeurs et leurs bras financiers s’adaptent rapidement. L’objectif est simple : écouler les véhicules le plus vite possible pour limiter l’érosion de valeur. Les concessionnaires constituent la première ligne. Ils ont souvent la priorité pour racheter les véhicules retournés. Si l’intérêt n’est pas au rendez-vous, les véhicules prennent la direction des plateformes de vente en gros ou des enchères numériques. Des acteurs comme Manheim ont d’ailleurs massivement investi pour anticiper cette vague. L’entreprise a modernisé ses infrastructures, formé ses équipes et développé des outils d’analyse de l’état des batteries, devenus essentiels dans l’évaluation des VÉ d’occasion.

Un marché encore immature

Le marché des VÉS d’occasion reste en construction. Contrairement aux véhicules thermiques, plusieurs variables influencent fortement leur valeur, notamment l’état de la batterie et les mises à jour logicielles. Certains modèles peuvent même gagner en fonctionnalités avec le temps, brouillant encore davantage les repères traditionnels de dépréciation. Des institutions comme JPMorgan Chase aux États-Unis, via leur division auto, explorent déjà de nouvelles approches, allant jusqu’à envisager des programmes de location pour véhicules d’occasion certifiés.

Le rôle clé des concessionnaires

Sur le terrain, les concessionnaires ne semblent pas paniqués. À condition d’être proposés au bon prix, les VÉS d’occasion trouvent preneur. Mais cela implique une collaboration plus étroite entre constructeurs et réseaux de distribution.

Une transition inévitable

Ce phénomène de dépréciation marque une étape normale dans la maturation du marché des véhicules électriques. Après une phase d’adoption rapide, l’industrie doit maintenant composer avec les réalités économiques du cycle de vie des produits. La bonne nouvelle, c’est que cette correction va rendre les VÉS plus accessibles sur le marché de l’occasion, élargissant ainsi leur adoption. La moins bonne, c’est qu’elle se fera au prix de plusieurs milliards de dollars pour les constructeurs.

Avec des renseignement d’Automotive News

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