Ottawa accélère le développement de la plus grande mine de graphite Matawinie
La plus grande mine de graphite en Amérique du Nord
Les travaux de construction de la mine de graphite Matawinie, située à environ 165 kilomètres au nord de Montréal, sont officiellement lancés. Le gouvernement fédéral considère ce projet comme un élément stratégique pour renforcer la chaîne d’approvisionnement canadienne en minéraux critiques et soutenir l’industrie des véhicules électriques. Le premier ministre Mark Carney s’est rendu sur le site le 19 mai dernier pour souligner le début des travaux, une étape qui survient seulement six mois après que le projet eut été confié au nouveau Bureau des grands projets d’Ottawa.
Une capacité de production record
Une fois en exploitation, la mine devrait devenir la plus importante source de graphite en Amérique du Nord et dans les pays du G7. La production annuelle pourrait atteindre 106 000 tonnes de graphite, un matériau essentiel à la fabrication des batteries de véhicules électriques, des systèmes de stockage d’énergie et de plusieurs technologies de pointe. Avec l’accélération de l’électrification des transports, la demande mondiale pour le graphite devrait continuer de croître fortement au cours de la prochaine décennie.
Près de 2 milliards de dollars d’investissements
Le projet représente des investissements estimés à près de 2 milliards de dollars et devrait générer plus de 1 000 emplois pendant sa construction et son exploitation. L’entreprise Nouveau Monde Graphite prévoit également relier la mine à son usine de transformation de matériaux pour batteries située à Bécancour. Cette intégration permettra de créer la première filière entièrement intégrée de production de graphite au Canada, depuis l’extraction du minerai jusqu’à la transformation destinée aux fabricants de batteries.
Une production alimentée par l’hydroélectricité québécoise
Les installations de Matawinie et de Bécancour fonctionneront principalement grâce à l’électricité produite par Hydro-Québec. Cette approche permettra d’exploiter une chaîne de production largement électrifiée et de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre associées à la production de graphite, comparativement à plusieurs exploitations concurrentes situées en Asie et dans d’autres régions du monde. Cette caractéristique pourrait devenir un avantage concurrentiel important auprès des constructeurs automobiles cherchant à réduire l’empreinte carbone de leurs véhicules électriques.
Ottawa sécurise son approvisionnement
Le gouvernement fédéral a également conclu une entente d’approvisionnement de sept ans avec l’entreprise. Celle-ci prévoit l’achat annuel de 30 000 tonnes de concentré de graphite provenant de la mine. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie canadienne visant à réduire sa dépendance envers les fournisseurs étrangers de minéraux critiques, un enjeu devenu prioritaire dans un contexte de tensions géopolitiques et de concurrence accrue pour les ressources nécessaires à la transition énergétique.
Un soutien financier massif
Afin d’assurer la réalisation du projet, Ottawa met en place un important montage financier. Le gouvernement fédéral soutient la mine grâce à une enveloppe de 459 millions de dollars provenant notamment d’Exportation et développement Canada et de la Banque de l’infrastructure du Canada. D’autres contributions sont également prévues par l’intermédiaire du Fonds de croissance du Canada et de Ressources naturelles Canada. Pour l’industrie automobile canadienne, le projet Matawinie représente une pièce maîtresse de l’écosystème des batteries en émergence. Alors que les constructeurs investissent des milliards de dollars dans les usines de batteries et l’assemblage de véhicules électriques, l’accès à une source locale de graphite pourrait renforcer la compétitivité du Canada face aux États-Unis, à l’Europe et à la Chine.
Un maillon essentiel de la filière batterie
Le développement de la mine Matawinie confirme l’ambition du Canada de bâtir une chaîne d’approvisionnement complète pour les batteries de véhicules électriques. De l’extraction des minéraux critiques à la fabrication des cellules et à l’assemblage des véhicules, Ottawa cherche à positionner le pays comme un acteur incontournable de la transition énergétique nord-américaine. Pour le Québec, déjà reconnu pour son hydroélectricité et son expertise dans les matériaux avancés, ce projet pourrait devenir l’un des piliers de la future économie des batteries.
Avec des renseignements d’Automotive news

