Et si le Cybertruck était une voiture sport
Après près d’une décennie d’attente, de promesses, de retards et de prototypes, la Tesla Roadster de nouvelle génération est enfin de retour.
Elon Musk avait évoqué le remplacement de la première Roadster il y a plus de dix ans. Après l’arrêt de production du modèle original, le patron de Tesla avait d’abord parlé d’une arrivée dès 2014, puis de 2019 et de 2020.
Nous sommes maintenant en octobre 2026.
Et Tesla vient finalement de montrer une nouvelle Roadster qui n’a pratiquement plus rien à voir avec le prototype présenté en 2017.
Surtout, elle possède quelque chose que personne n’avait vraiment prévu : des propulseurs à air comprimé capables de faire bondir la voiture dans les airs.
Une Roadster complètement redessinée
Oubliez les formes fluides du prototype présenté il y a près de neuf ans.
La nouvelle Tesla Roadster adopte un style beaucoup plus anguleux, qui rappelle clairement le langage esthétique du Cybertruck. Les surfaces sont planes, les arêtes prononcées et l’ensemble semble davantage sorti d’un film de science-fiction que d’une voiture sport traditionnelle.
Franz von Holzhausen, responsable du design chez Tesla, explique que les designers se sont notamment inspirés des avions de chasse et des supercars classiques.
Le résultat évoque effectivement certaines Lamborghini d’une autre époque, mais avec une interprétation beaucoup plus futuriste.
À l’avant, deux projecteurs triangulaires très étroits dominent la partie supérieure de la carrosserie. À l’arrière, une mince signature lumineuse traverse la voiture.
Des « échappements » qui ne servent pas à évacuer les gaz
L’arrière réserve toutefois une surprise.
Le diffuseur comporte quatre ouvertures qui ressemblent étrangement à des sorties d’échappement.
Il ne s’agit évidemment pas d’échappements puisque la Roadster est électrique.
Ces ouvertures servent plutôt de buses pour le système de propulsion à air comprimé.
Une partie supérieure de la carrosserie se soulève également pour former un aileron arrière actif destiné à augmenter l’appui aérodynamique.
Mais ce n’est que le début.
Oui, la Tesla Roadster peut réellement sauter
La promesse la plus spectaculaire d’Elon Musk concernant la précédente Roadster était l’utilisation de propulseurs de type fusée et la possibilité de faire voler la voiture.
À l’époque, beaucoup avaient accueilli cette affirmation avec un mélange de scepticisme et d’amusement.
Tesla vient maintenant de démontrer un système qui s’en rapproche étonnamment.
Lors de la présentation, une Roadster a été montrée en train de sauter par-dessus l’ensemble de la gamme Tesla, effectuer une rotation dans les airs puis retomber sur ses roues ( voir la vidéo).
Parler de « vol » serait probablement exagéré. Mais la voiture s’est bel et bien propulsée dans les airs, a effectué un tonneau et a atterri.
Des réservoirs d’air comprimé de 600 litres
Tesla précise que le système n’utilise pas des fusées, mais des propulseurs à air comprimé.
Deux réservoirs en fibre de carbone peuvent emmagasiner jusqu’à 600 litres d’air, pour une masse pouvant atteindre 250 kg.
Cet air est envoyé vers 10 buses différentes, capables d’agir sur les accélérations, les mouvements et les sauts de la voiture.
Les réservoirs peuvent être remplis de nouveau, vraisemblablement grâce à un compresseur intégré au véhicule.
Tesla affirme également que les propulseurs peuvent contribuer à l’accélération fulgurante de la Roadster.
Un 0 à 100 km/h en un peu plus d’une seconde
Tesla annonce un temps de 0 à 100 km/h inférieur en environ 1,3 seconde
Une partie de cette performance serait attribuable aux quatre propulseurs arrière.
Le véritable enjeu sera toutefois de savoir combien de temps le système peut être utilisé avant que les réserves d’air comprimé soient épuisées.
Il est donc probable que les propulseurs soient particulièrement efficaces au moment du départ, alors que la vitesse maximale annoncée de 230 mi/h (environ 370 km/h) devrait principalement être atteinte grâce au système de propulsion électrique.
Une Tesla qui veut rouler à l’envers
Tesla ne s’est pas arrêtée aux propulseurs.
La nouvelle Roadster reprend également une technologie inspirée des voitures dites « fan car », notamment de la McMurtry Spéirling.
Un imposant ventilateur installé sous la voiture peut aspirer l’air situé sous la carrosserie afin de générer une énorme force d’appui.
Tesla affirme avoir atteint plus de 4 000 lb d’appui aérodynamique, soit environ 1 815 kg.
Lors d’une démonstration, une voiture d’essai a été capable de grimper une rampe jusqu’à une position pratiquement inversée.
Une autre démonstration combinait le saut, la rotation et l’atterrissage grâce aux propulseurs.
Sur le papier, la Roadster est donc beaucoup plus qu’une simple voiture électrique rapide.
Mais il y a un gros problème avec les propulseurs
Comme souvent avec Tesla, il faut lire les petits caractères.
Le système de propulseurs ne sera pas offert sur toutes les Roadster.
Les propulseurs destinés à améliorer l’accélération seront proposés dans le cadre d’une production limitée.
Quant au système permettant à la voiture de sauter et d’effectuer des acrobaties aériennes, Tesla le décrit comme étant sur invitation seulement.
Et ce n’est pas tout.
Cette configuration élimine également les possibilités d’accueillir un passager. La voiture devient donc strictement monoplace.
Tesla précise également que le système de propulsion aérienne n’est pas légal sur la route.
Autrement dit, la Roadster capable de sauter est davantage une machine de démonstration qu’une voiture que vous pourrez utiliser pour aller chercher votre café le matin.
Tesla ne parle presque pas de son moteur électrique
Ironiquement, lors de la présentation de cette voiture électrique, Tesla a pratiquement évité de parler de sa mécanique électrique.
Aucune information précise n’a été donnée sur la puissance, le couple, le nombre de moteurs, la capacité de la batterie, l’autonomie et la puissance de recharge. Même le prix n’a pas été dévoilé.
C’est plutôt étonnant pour une voiture qui devrait devenir l’un des modèles les plus technologiques et les plus coûteux de la gamme Tesla.
Une production annoncée pour 2028
Elon Musk affirme que la production de la nouvelle Roadster doit commencer en 2028.
Il faudra toutefois prendre cette échéance avec prudence.
Tesla possède un historique assez impressionnant de retards concernant les nouveaux produits, et la Roadster elle-même constitue probablement l’un des projets les plus complexes jamais entrepris par le constructeur.
Il faudra intégrer les batteries, les moteurs électriques, le système de propulsion à air comprimé, les réservoirs en fibre de carbone, le ventilateur d’aspiration, l’aérodynamique active et toutes les exigences de sécurité d’une voiture destinée à la production.
C’est beaucoup de technologie dans une seule voiture.
Une voiture spectaculaire, mais pas nécessairement celle dont Tesla a besoin
La nouvelle Roadster est indéniablement fascinante.
Mais elle soulève aussi une question stratégique importante.
Tesla doit actuellement composer avec une gamme vieillissante et une pression commerciale importante. Le Cybertruck n’a pas connu le succès commercial espéré, tandis que les modèles qui génèrent l’essentiel des volumes de Tesla reposent sur des architectures qui commencent à accuser leur âge.
Dans ce contexte, investir énormément de ressources dans une supercar électrique capable de sauter par-dessus d’autres voitures peut sembler pour le moins audacieux.
Mais Tesla n’a jamais vraiment été une entreprise qui choisit la voie la plus conventionnelle.
La vraie question : Tesla peut-elle vraiment la produire?
Pour l’instant, la Roadster est surtout une démonstration technologique spectaculaire.
Elle peut sauter. Elle peut effectuer une rotation dans les airs. Elle peut générer plus de 1 800 kg d’appui aérodynamique et Tesla promet une accélération digne d’une voiture de course.
Mais toutes ces prouesses ne compteront que si Tesla réussit à transformer le prototype en véritable voiture de production.
Après presque dix ans d’attente, les amateurs de la marque ont appris à être patients.
La prochaine étape sera donc beaucoup moins spectaculaire que de faire voler une Roadster : la construire en série, à un prix raisonnable et avec toutes ses promesses intactes.
Et pour Tesla, ce pourrait bien être le plus difficile des tours de magie.
Avec des renseignements de Carbuzz et Tesla

