Tesla relance les réservations du roadster
Tesla remet le Roadster sur la table — et, accessoirement, demande encore 50 000 $ US aux clients avant même de leur montrer la version de production. Le constructeur américain a rouvert cette semaine les réservations de sa nouvelle voiture sport électrique, quelques jours avant une présentation officielle prévue le 1er octobre près de Waco, au Texas. Pour les acheteurs canadiens, la somme demandée représente environ 67 000 $ CA, selon le taux de change. La réservation débute par un paiement de 5 000 $ US par carte de crédit, présenté comme entièrement remboursable, puis par un virement bancaire de 45 000 $ US à effectuer dans les 10 jours. La réservation ne devient effective qu’une fois ce second paiement reçu par Tesla. Et c’est là que l’histoire devient intéressante : Tesla avait déjà fait exactement la même chose avec le Roadster en 2017.
Une deuxième ronde de dépôts
Tesla avait dévoilé le prototype du Roadster de nouvelle génération en novembre 2017 lors de la présentation du Semi. À l’époque, il était possible de réserver la voiture pour 50 000 $ US, tandis que la version « Founders Series » exigeait un dépôt de 250 000 $ US. La production devait commencer en 2020. Nous sommes maintenant en 2026 et aucun exemplaire de production du Roadster présenté en 2017 n’a été livré. Le projet a accumulé au moins huit reports au fil des ans. Certains détenteurs de réservations ont même rapporté avoir eu des difficultés à récupérer leur dépôt après avoir annulé leur réservation. Autrement dit, Tesla demande aujourd’hui aux clients de remettre 50 000 $ US sur la table alors que la voiture de production n’a toujours pas été officiellement présentée. C’est une façon assez originale de transformer la patience en stratégie commerciale.
Le Roadster doit enfin être dévoilé le 1er octobre
Tesla affirme que la présentation du 1er octobre permettra de connaître le prix, les caractéristiques techniques et les objectifs de production du Roadster. La page canadienne de Tesla continue actuellement d’afficher les chiffres annoncés depuis la présentation initiale : une accélération de 0 à 100 km/h en 2,1 secondes, une vitesse maximale supérieure à 400 km/h et une autonomie annoncée de 1 000 km. Ces chiffres restent toutefois à considérer comme des objectifs annoncés, et non comme les caractéristiques confirmées d’un véhicule de série livré à des clients. Le Roadster originalement présenté promettait notamment une autonomie de 620 milles, soit environ 998 km, un 0-60 mi/h inférieur à 1,9 seconde et une vitesse maximale de plus de 250 mi/h, soit environ 402 km/h. Tesla annonçait alors un prix de départ de 200 000 $ US.
Une voiture qui pourrait presque voler
Elon Musk a également entretenu le mystère autour d’une démonstration spectaculaire utilisant des propulseurs à gaz froid développés avec SpaceX. Selon les informations communiquées jusqu’ici, la voiture de démonstration pourrait effectuer une sorte de vol stationnaire ou de « saut » contrôlé. Tesla aurait prévu une démonstration télécommandée, sans conducteur à bord. Cette voiture de démonstration ne serait pas homologuée pour la route et pourrait coûter plusieurs centaines de milliers de dollars. Tesla a déjà présenté plusieurs technologies spectaculaires lors de ses événements. Dans le cas du Roadster, toutefois, la question la plus importante demeure beaucoup plus terre-à-terre : quand pourra-t-on réellement en acheter un et repartir avec?
Un design inspiré du Cybertruck
Les plus récentes images diffusées par Tesla laissent entrevoir une évolution stylistique importante. Le Roadster semble adopter certains codes du langage « Cyber » de Tesla, avec des lignes plus anguleuses et une signature lumineuse pleine largeur. Le résultat semble donc s’éloigner du prototype fluide et arrondi présenté en 2017 pour adopter une esthétique plus proche du Cybertruck et des autres projets récents de la marque. Tesla devra toutefois faire plus que changer la carrosserie. Après près de neuf années d’attente, les futurs propriétaires voudront surtout voir une voiture qui passe du stade de prototype spectaculaire à celui de véhicule réellement produit.
La grande inconnue : la production
C’est probablement ici que le Roadster joue son véritable match. Tesla possède déjà une fiche technique impressionnante sur son site canadien, mais aucun calendrier de livraison ferme n’a encore transformé ces promesses en voitures dans les garages des clients. Le constructeur doit donc maintenant répondre à plusieurs questions fondamentales : combien coûtera réellement le Roadster? Où sera-t-il fabriqué? Quelle sera sa batterie? Quelle autonomie pourra-t-il réellement atteindre? Quelle puissance développera-t-il? Et surtout, combien d’exemplaires Tesla pourra-t-elle produire chaque année? Le 1er octobre devrait fournir une partie des réponses.
Un pari
Pour un client canadien, la nouvelle réservation représente un engagement financier considérable. Les 50 000 $ US demandés correspondent à environ 67 000 $ CA avant même de connaître le prix définitif du véhicule, les taxes, les frais de transport et les éventuelles options. Et contrairement à une réservation ordinaire chez un constructeur traditionnel, les clients du Roadster ont derrière eux un précédent particulièrement long : celui d’un modèle annoncé en 2017 qui devait être commercialisé en 2020. Le véritable défi sera de construire celle que les clients ont réservée. Après neuf ans d’attente, les amateurs de Tesla pourraient finalement avoir droit à leur Roadster. Mais cette fois, le chronomètre ne partira pas lorsque le prototype apparaîtra sur une scène : il partira lorsque la première voiture de série quittera réellement l’usine.
Avec des renseignements d’Electrek

