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Volkswagen repousse à 2029 la production de batteries de son usine ontarienne


Volkswagen repousse à 2029 la production de batteries de son usine ontarienne

Volkswagen Group reporte de deux ans le démarrage de la production de cellules de batteries de sa future usine de St. Thomas, en Ontario. La filiale spécialisée dans les batteries, PowerCo, prévoit maintenant commencer la production en 2029 plutôt qu’en 2027. L’investissement de 7 milliards de dollars canadiens demeure toutefois au cœur de la stratégie nord-américaine du constructeur allemand. Le report intervient alors que les ventes de véhicules électriques progressent moins rapidement en Amérique du Nord et que plusieurs constructeurs réévaluent leurs investissements dans l’électrification.

Une usine de 7 milliards de dollars toujours au programme

Selon Joel Karlsberg, chef de l’approvisionnement de PowerCo Canada, le projet de St. Thomas demeure une « pierre angulaire » de la stratégie de Volkswagen en Amérique du Nord. L’entreprise affirme que ce changement de calendrier vise surtout à adapter le rythme de développement aux conditions du marché et aux progrès technologiques dans le domaine des batteries. Le report à 2029 permettra également à PowerCo d’intégrer des technologies de batteries de nouvelle génération dans l’usine.

La construction se poursuit à St. Thomas

Le report de la production ne signifie pas l’arrêt des travaux. La première phase de construction de l’usine n’est pas touchée par la décision. Le chantier de St. Thomas, situé entre Toronto et Windsor, a commencé l’automne dernier. Les structures métalliques sont maintenant visibles sur le site, qui prend progressivement la forme de la future usine. PowerCo Canada a par ailleurs annoncé le 24 septembre la nomination d’EllisDon comme entrepreneur général. L’entreprise de construction établie à Mississauga compte actuellement environ 60 employés sur le chantier. Ce nombre devrait atteindre environ 1 300 travailleurs au plus fort de la construction. PowerCo emploie actuellement quelque 300 personnes au Canada.

Le ralentissement des véhicules électriques change la stratégie

PowerCo attribue principalement le report à l’évolution de la demande pour les véhicules électriques et aux progrès rapides de la technologie des batteries. Le marché nord-américain des véhicules électriques connaît effectivement une période plus difficile depuis environ deux ans, notamment dans un contexte de réduction ou de modification de certains programmes gouvernementaux de soutien. Cette situation oblige plusieurs constructeurs à revoir leurs calendriers d’investissement. Les reports et annulations de programmes de véhicules électriques et d’usines de batteries représentent maintenant des dizaines de milliards de dollars de dépenses réévaluées par l’industrie automobile. Volkswagen n’est donc pas le seul constructeur à ralentir le rythme.

Scout Motors demeure lié au projet

Le report de PowerCo pourrait également avoir des répercussions potentielles sur la stratégie de Scout Motors, la marque de Volkswagen qui prépare ses premiers véhicules destinés au marché nord-américain. Scout avait prévu s’approvisionner en batteries auprès de PowerCo Canada pour ses futurs modèles. La marque doit notamment lancer le VUS Traveler, dont la production en série est prévue à partir de 2028. Scout affirme toutefois que le report de l’usine de St. Thomas ne modifie pas ses plans. Cela signifie que Volkswagen devra gérer pendant une période de transition l’approvisionnement en batteries de ses futurs véhicules Scout avant que la production ontarienne atteigne son rythme prévu.

Une chaîne d’approvisionnement canadienne

Volkswagen avait choisi St. Thomas au printemps 2023 après avoir étudié des dizaines de sites potentiels en Amérique du Nord. À l’époque, l’investissement de 7 milliards de dollars constituait le plus important investissement jamais réalisé dans le secteur automobile canadien. L’usine ontarienne doit devenir le troisième et le plus important site de production de cellules de batteries de PowerCo, après les installations de l’entreprise en Allemagne et en Espagne. L’un des principaux arguments en faveur du projet canadien demeure la possibilité de bâtir une chaîne d’approvisionnement relativement intégrée, allant de l’extraction des matières premières jusqu’à la production des cellules. Selon Conrad Layson, analyste principal spécialisé dans les groupes motopropulseurs alternatifs chez AutoForecast Solutions, cette intégration pourrait éventuellement permettre à PowerCo de produire des batteries à un coût inférieur à celui de ses installations européennes et de réduire sa dépendance envers les chaînes d’approvisionnement chinoises.

Un report plutôt qu’une annulation

Pour Layson, le fait que Volkswagen maintienne le projet malgré le report constitue un élément important. Le constructeur allemand procède actuellement à une vaste restructuration et réduit ses dépenses dans plusieurs secteurs. Dans ce contexte, l’annulation pure et simple de l’usine aurait été une possibilité. Le maintien du chantier permet plutôt à Volkswagen de conserver une capacité de production en Amérique du Nord tout en se donnant davantage de temps pour ajuster la taille et le calendrier de l’usine à l’évolution du marché. PowerCo affirme d’ailleurs que la nomination d’EllisDon permettra de poursuivre les travaux tout en conservant la flexibilité nécessaire pour augmenter progressivement la capacité de production.

L’embauche sera également ralentie

Le report de la production de cellules n’entraînera pas de changement immédiat dans les plans d’embauche de PowerCo Canada. Toutefois, la progression du recrutement destiné aux activités de production sera plus lente. C’est une conséquence logique du nouveau calendrier : l’entreprise doit continuer à bâtir son organisation canadienne, mais elle n’a plus besoin de préparer aussi rapidement une main-d’œuvre destinée à une production qui ne débutera qu’en 2029. Pour l’Ontario, le projet demeure donc majeur, mais son calendrier illustre aussi le changement de rythme qui s’installe dans l’industrie nord-américaine du véhicule électrique. Volkswagen ne renonce pas à son usine de St. Thomas. Le constructeur prend simplement deux années supplémentaires pour déterminer quelle technologie de batterie et quel volume de production seront les plus adaptés au marché nord-américain de la fin de la décennie.

Avec des renseignements D’automotive News

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