Un séisme au Japon paralyse la production de Toyota, Nissan, Lexus, Honda et Mitsubishi
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Le puissant séisme de magnitude 7,1 qui a frappé le sud-ouest du Japon le 28 juillet continue de provoquer d’importantes perturbations dans l’industrie automobile. Après Toyota, Nissan et Daihatsu, Mitsubishi et Honda ont également annoncé la suspension de certaines activités de production, tandis que plusieurs fournisseurs stratégiques, dont Aisin et Renesas Electronics, tentent toujours de remettre leurs installations en service. Selon les premières estimations, l’arrêt des chaînes d’assemblage pourrait entraîner la perte de plus de 10 000 véhicules, sans qu’un calendrier précis de reprise n’ait été confirmé par la majorité des constructeurs.
Plusieurs modèles destinés à l’Amérique du Nord touchés
Les interruptions de production concernent plusieurs véhicules exportés vers l’Amérique du Nord. Parmi les modèles potentiellement affectés figurent notamment les modèles Toyota 4Runner, Toyota Land Cruiser 250, Lexus GX, Lexus NX, Lexus RX, Lexus IS, Infiniti QX80, Nissan Rogue (X-Trail au Japon), Nissan Armada et Nissan Patrol. Une prolongation des délais de livraison demeure donc possible si les perturbations persistent au-delà de la semaine prochaine.
Toyota ajoute son usine phare de Tahara
La production y sera interrompue du 3 au 7 août. Parallèlement, Toyota prolonge également l’arrêt de ses trois installations de Kyushu, région la plus durement touchée par le séisme. Une usine Lexus de Miyata, l’usine de moteurs de Kanda et une usine de groupes motopropulseurs hybrides de Kokura. Ces installations demeureront fermées au moins jusqu’à la deuxième équipe du 5 août. L’usine de Miyata produit notamment les Lexus ES, UX, RX et NX, dont près de 90 % de la production est exportée. Nissan prolonge lui aussi l’arrêt de ses deux usines de Kyushu jusqu’au 5 août, invoquant des retards dans l’approvisionnement des pièces. Le constructeur refuse pour l’instant de préciser quels volumes de production seront perdus ou à quel moment les activités reprendront normalement. Les installations concernées fabriquent notamment : Chez Mitsubishi, la production de mini-véhicules destinés aux marques Mitsubishi et Nissan est suspendue à l’usine de Mizushima depuis le 30 juillet, également en raison de problèmes d’approvisionnement. Daihatsu, spécialiste des kei cars, a pour sa part interrompu les activités de deux usines jusqu’au moins au 31 juillet.
Honda touchée par ricochet
Honda n’échappe pas aux conséquences du séisme. Le constructeur a temporairement arrêté les activités d’une usine produisant des motocyclettes ainsi que des équipements motorisés afin d’évaluer les dommages sur ses installations.
Les fournisseurs stratégiques au cœur de la crise
Le véritable défi provient toutefois des fournisseurs de composants. Aisin, l’un des plus importants équipementiers du groupe Toyota, fabrique notamment des serrures et mécanismes de portières, des cadres de portes, poignées, toits ouvrants, composantes de sièges et pièces de moteurs en aluminium. L’entreprise affirme vouloir reprendre progressivement la production après avoir rétabli l’alimentation électrique et remis en place certains équipements déplacés par les secousses.
Renesas rappelle le traumatisme de 2011
La situation est particulièrement surveillée chez Renesas Electronics, l’un des principaux producteurs mondiaux de semi-conducteurs automobiles. Si son usine de Nishiki a repris ses activités, celle de Kawashiri, spécialisée dans la fabrication de plaquettes de semi-conducteurs, demeurera fermée jusqu’au 5 août. Cette situation rappelle le séisme de 2011, lorsque l’arrêt prolongé d’une usine Renesas avait entraîné une pénurie mondiale de puces électroniques et paralysé pendant plusieurs mois la production automobile sur plusieurs continents.
Un système « juste-à-temps » particulièrement vulnérable
L’industrie automobile japonaise fonctionne selon un système de production juste-à-temps, qui limite les stocks de pièces. Ce modèle très efficace en temps normal devient toutefois particulièrement fragile lors de catastrophes naturelles. Même lorsqu’une usine d’assemblage demeure intacte, une simple interruption chez un fournisseur peut suffire à immobiliser toute une chaîne de production. À l’inverse, lorsqu’un constructeur suspend son assemblage, plusieurs fournisseurs cessent également leur production, faute de débouchés immédiats.
Toyota prépare déjà un plan de rattrapage
Toyota affirme travailler à un plan visant à récupérer les volumes perdus une fois les opérations revenues à la normale. Toutefois, tout dépendra de la rapidité avec laquelle les fournisseurs stratégiques, notamment Renesas et Aisin, réussiront à remettre leurs installations à pleine capacité. Compte tenu de l’importance des usines de Kyushu pour les exportations vers l’Amérique du Nord, les effets pourraient se faire sentir sur certains modèles livrés au Canada au cours des prochains mois.
Avec des renseignements d’Automotive News

