Chevrolet Bolt 2027
Une voiture qui vaut le détour
Ce que la Chevrolet Bolt 2027 nous révèle, c’est que le marché de l’électrique est encore extrêmement changeant, et que la plupart des grands constructeurs ont encore de la difficulté à prendre au sérieux le virage électrique du marché. GM l’illustre parfaitement avec sa Bolt, l’électrique la moins chère, et probablement la plus frustrante également, puisque le modèle disparaît à la fin de l’année.
La Bolt coûte 39 995 $ en version de base, ce qui revient à 33 382$ avant taxes si on tient compte de l’aide à l’achat des gouvernements. Pour ce prix, on met la main sur une voiture qui n’a aucun complexe. Tout à coup, on a une Bolt, la Nissan Leaf S et une Kia EV3 qui sont toutes de bons choix de véhicules électriques bon marché, et qui vous sauveront en plus 15 000 $ de carburant sur les cinq premières années de leur utilisation.
Mais revenons un peu en arrière, car c’est toute une saga que celle de la Chevrolet Bolt. Rappelons-nous que ce modèle a été créé de toutes pièces pour être le premier véhicule 100% électrique vendu en Amérique du Nord sous les 35 000 $US. L’idée était de faucher l’herbe sous le pied de la Model 3 de Tesla, qui promettait la même chose. À peu près dix ans et deux générations plus tard de cette familiale compacte, la Bolt revient sur le marché pour un dernier tour de piste qui n’aura duré même pas un an.
Pendant ce temps-là, la Model 3 continue d’être au sommet des ventes des voitures électriques pas seulement au Canada et aux États-Unis, mais partout dans le monde. Avec le Model Y, elle a permis à Tesla de devenir profitable, et de s’imposer comme une marque durable, ce qui n’était pas gagné il y a 10 ans.
On dit parfois que les dirigeants des grandes entreprises sont déconnectés de leur base. Rien ne l’illustre mieux que le sort de la Bolt chez GM. Il a fallu que Mary Barra se fasse dire devant les caméras qu’elle disparaissait pour qu’elle demande à la remettre sur la route. Et il aurait fallu que le président Trump n’appuie pas sur le bouton panique qui lui a été tendu par l’industrie pétrolière états-unienne pour que Chevrolet soit prête à rivaliser avec la concurrence chinoise qui s’en vient.
Surtout qu’au fond, la Bolt est à moitié chinoise. Ce sont les chiffres officiels : 51% de ses composants viennent de Chine. Y compris sa pile LiFePO4 de 65 kilowatts-heure, ce qui permet d’abaisser son prix de vente et de lui fournir 422 km d’autonomie. Ce qui va varier au courant de l’année, évidemment. Mais avec la prise NACS embarquée, vous avec une recharge rapide pas mal partout où vous irez et récupérerez jusqu’à 80% de son autonomie en 10 minutes sur un Supercharger de Tesla.
À bord, il y a de la place pour cinq personnes. C’est un peu serré à l’arrière, mais ça tient. Deux sièges pour enfants sont eux aussi très confortables, ou une combinaison de trois enfants qui partagent un ou deux sièges, selon le cas. La Bolt est une petite familiale, mais une familiale quand même.
Elle a aussi 210 chevaux, 169 livres-pied de couple et un mode de conduite à une pédale qui s’ajuste à deux niveaux. La visibilité est bonne dans toutes les directions et sa conduite est hyper prévisible. C’est silencieux, et pour ceux qui aiment les gadgets, on peut l’équiper du système Super Cruise, ce qui, me dit-on chez Chevrolet, est une option pour laquelle de plus en plus de gens sont prêts à payer.
Longue histoire courte, la Bolt 2027 est une voiture qui mérite le coup d’œil. Son seul défaut ne la concerne même pas : c’est l’entêtement de l’industrie de refuser de fabriquer des voitures abordables. Et même s’il n’y aura que 35 000 Bolt produites plutôt que les 150 000 anticipées, ce sont 35 000 exemplaires d’une voiture qui prouve que les grands constructeurs sont capables de faire des belles choses, quand ils y mettent l’effort.