Vous avez des questions d'ordre général? Consultez notre section

Vous souhaitez entrer en contact avec un membre de l'Équipe? Consultez notre section

Commande rapide
1
2
3
4
5
6
7
8
9
10
Vous désirez commander plus de pièces ?

Si vous devez importer un grand nombre de pièces pour une commande, vous pouvez utiliser ce gabarit et le téléverser sur le site web. Vous devez y entrer une pièce par ligne et soyez certain de garder l'extension de fichier .CSV lorsque vous sauvegarderez votre travail.

Téléverser

Les tarifs automobiles pourraient enfin diminuer


Les tarifs automobiles pourraient enfin diminuer

Après près de 18 mois de guerre commerciale, l’industrie automobile canadienne pourrait enfin voir la lumière au bout du tunnel. Ottawa et Washington ont conclu une entente commerciale de principe qui prévoit une réduction des tarifs imposés aux véhicules fabriqués au Canada et l’élimination des droits de douane canadiens sur les véhicules produits aux États-Unis.

L’accord, annoncé le 18 août, doit toutefois encore être finalisé et approuvé par les deux gouvernements.

Le compromis est intervenu à quelques heures seulement de l’entrée en vigueur d’une nouvelle vague de tarifs américains qui devait être imposée le lendemain. Il constitue un important déblocage dans des négociations qui achoppaient depuis plusieurs mois sur l’automobile, l’acier, l’aluminium, le bois d’œuvre et les produits laitiers.

Un tarif américain qui pourrait passer de 25 à 15 %

Le président américain Donald Trump a confirmé que les États-Unis réduiront les droits de douane de 25 % imposés depuis avril 2025 aux véhicules fabriqués au Canada. Il n’a toutefois pas précisé publiquement le nouveau taux.

Selon des informations rapportées par Bloomberg, le tarif pourrait être ramené à 15 %, avant l’application d’exemptions liées au contenu nord-américain. Les modalités précises concernant les pièces automobiles demeurent cependant en négociation.

Le ministre canadien du Commerce international, Dominic LeBlanc, n’a pas voulu confirmer ces chiffres, puisque les discussions se poursuivent.

De son côté, le premier ministre Mark Carney affirme que les deux pays ont réalisé des « progrès significatifs » et qu’ils se dirigent vers une entente qui renforcera la position concurrentielle du Canada dans ses secteurs stratégiques.

Une guerre commerciale qui dure depuis le printemps 2025

La crise commerciale entre les deux pays a véritablement pris de l’ampleur au printemps 2025 lorsque l’administration Trump a imposé des droits de douane de 25 % sur les véhicules fabriqués au Canada.

Ces tarifs contrevenaient aux principes de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), qui encadre depuis 2020 les échanges commerciaux nord-américains.

Une exemption concernant le contenu américain permettait toutefois de réduire le taux réellement payé par les constructeurs. Puisque près de la moitié des pièces utilisées dans certains véhicules assemblés au Canada proviennent des États-Unis, le tarif effectif pouvait être ramené à environ 12,5 %.

Ottawa avait riposté en imposant à son tour des droits de douane sur les véhicules américains et en mettant en place un programme d’exemption permettant aux constructeurs produisant des véhicules au Canada de bénéficier d’importations exemptes de tarifs, à condition de maintenir leur production et leurs investissements au pays.

Les exportations automobiles américaines ont aussi souffert

Les représailles canadiennes ont eu des conséquences importantes pour les constructeurs américains.

Selon la Maison-Blanche, les tarifs canadiens auraient réduit de 5,6 milliards de dollars américains (environ 7,9 milliards de dollars canadiens) les exportations automobiles américaines vers le Canada entre avril 2025 et mars 2026.

Mais l’industrie canadienne n’est certainement pas sortie indemne de cette guerre commerciale.

Selon le Center for Automotive Research, la production de véhicules au Canada avait diminué de 15 % sur un an jusqu’en avril, conséquence directe de l’incertitude et de la hausse des coûts associés aux tarifs.

Pour une industrie qui fonctionne depuis des décennies avec des chaînes d’approvisionnement intégrées des deux côtés de la frontière, les droits de douane ont eu l’effet d’une clé à molette lancée dans une machine déjà bien huilée.

Le véritable enjeu : le tarif effectif

Pour les constructeurs automobiles, le taux annoncé n’est finalement qu’une partie de l’équation.

Ce qui compte réellement est le tarif effectif payé sur chaque véhicule, après les exemptions liées au contenu nord-américain.

Sous l’ACEUM, un véhicule conforme doit contenir au moins 75 % de pièces provenant d’Amérique du Nord pour bénéficier des règles préférentielles.

Si le tarif américain sur les véhicules canadiens était effectivement ramené à 15 %, un véhicule conforme à l’ACEUM pourrait donc subir un droit effectif d’environ 3,75 % sur la base du contenu admissible. Plus la proportion de pièces nord-américaines est élevée, plus le tarif réel pourrait diminuer.

C’est pourquoi l’industrie canadienne souhaite que l’exemption soit élargie au contenu provenant de l’ensemble de l’Amérique du Nord, plutôt que de se limiter aux pièces américaines.

Cette proposition demeure toutefois à négocier.

L’industrie automobile veut retrouver le libre-échange

Brendan Sweeney, président-directeur général de la Pacific Manufacturing Association of Canada, qui représente notamment les intérêts manufacturiers de Honda et Toyota au Canada, estime que l’objectif ultime demeure le retour à un environnement sans tarifs.

L’industrie automobile nord-américaine s’est développée pendant des décennies autour du principe de la libre circulation des pièces et des véhicules entre le Canada, les États-Unis et le Mexique.

Pour les constructeurs, revenir à un tarif de zéro serait donc la solution idéale.

Mais à défaut d’un retour immédiat au libre-échange, la priorité est maintenant de créer un environnement commercial stable et prévisible.

Une priorité : la stabilité pour les constructeurs

Lucas Malinowski, président-directeur général de Global Automakers of Canada, qui représente plusieurs constructeurs internationaux au pays, abonde dans le même sens.

Selon lui, c’est le coût réel des tarifs qui importe aux fabricants, puisqu’il influence directement la structure de coûts des véhicules assemblés au Canada.

Autrement dit, un tarif officiel de 15 % peut sembler élevé, mais s’il est considérablement réduit par les exemptions liées aux pièces nord-américaines, la situation pourrait devenir beaucoup plus acceptable pour les constructeurs.

L’ACEUM demeure une autre source d’incertitude

L’annonce intervient également dans un contexte de grande incertitude entourant l’avenir de l’ACEUM.

En juillet, les États-Unis ont refusé de renouveler automatiquement l’accord pour une période de 16 ans, ouvrant plutôt la porte à des révisions annuelles du pacte commercial nord-américain.

Pour les constructeurs automobiles, cette perspective complique les décisions d’investissement à long terme. Une usine automobile se planifie sur des décennies, pas sur la durée d’un cycle électoral.

Un soulagement, mais pas encore la fin de la crise

L’entente de principe annoncée entre Ottawa et Washington représente une avancée majeure, mais elle ne constitue pas encore un retour à la normale.

Les détails concernant les tarifs, les exemptions sur les pièces et les modalités d’application doivent encore être finalisés.

Pour l’industrie automobile canadienne, le véritable objectif reste clair : retrouver un cadre commercial prévisible et, idéalement, revenir aux tarifs de zéro qui ont permis à l’écosystème automobile nord-américain de prospérer pendant des décennies.

Après 18 mois de tarifs, de représailles et d’incertitude, les constructeurs ne demandent finalement pas la lune. Ils souhaitent simplement pouvoir fabriquer une voiture au Canada sans devoir sortir la calculatrice à chaque fois qu’elle traverse le pont Ambassador.

Avec des renseignements d’Automotive News Canada

Articles similaires