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Jaguar Land Rover veut produire aux États-Unis avec Stellantis

Question de contourner les tarifs


Jaguar Land Rover veut produire aux États-Unis avec Stellantis

Jaguar Land Rover veut passer du « bon côté » des tarifs américains

Jaguar Land Rover prépare une importante offensive sur le marché américain. Le constructeur britannique compte développer de nouveaux modèles spécifiquement destinés aux États-Unis en collaboration avec Stellantis, puis les produire sur le territoire américain. L’objectif est double : réduire l’impact des droits de douane imposés par l’administration américaine et limiter l’exposition de JLR aux fluctuations entre le dollar américain et la livre sterling. Richard Molyneux, directeur financier de Jaguar Land Rover, a confirmé cette stratégie lors de la présentation des résultats financiers de l’entreprise le 13 août. L’entente devrait être officialisée par un protocole d’accord à la fin de 2026.

De nouveaux Defender plutôt que des modèles existants

Jaguar Land Rover et Stellantis avaient annoncé en mai leur intention de collaborer au développement de nouveaux véhicules portant la marque Defender et ciblant spécifiquement le marché américain. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, JLR ne prévoit pas simplement transférer la production de ses modèles actuels dans une usine américaine de Stellantis. Le constructeur souhaite plutôt développer de nouveaux véhicules dans des segments où il n’est actuellement pas présent. Même avec des ventes de 50 000 unités, le constructeur estime qu’il serait difficile de justifier une usine dédiée.

Un Defender plus traditionnel pourrait voir le jour

JLR n’a pas révélé les nouveaux segments visés. Une possibilité particulièrement intéressante serait toutefois le retour d’un Defender plus radicalement orienté vers le tout-terrain. Le constructeur pourrait notamment exploiter une plateforme à châssis séparé provenant de Stellantis, potentiellement apparentée à celle du Jeep Wrangler, pour créer un Defender capable de rivaliser directement avec les véhicules tout-terrain américains. Cette stratégie permettrait à JLR de reconquérir une partie du marché perdu lorsque le Defender actuel est monté en gamme et s’est éloigné de son positionnement utilitaire et tout-terrain traditionnel. Le marché américain demeure particulièrement lucratif pour ce type de véhicule. Le nouveau Defender pourrait ainsi se retrouver face au Ford Bronco, au Jeep Wrangler, aux futurs modèles Scout et à l’Ineos Grenadier.

Des droits de douane de 10 à 15 %

L’enjeu commercial est majeur pour Jaguar Land Rover. Le constructeur importe actuellement tous ses véhicules vendus aux États-Unis. Les droits de douane imposés en 2025 ont ajouté une taxe de 10 % sur les véhicules fabriqués au Royaume-Uni et de 15 % sur ceux provenant de l’Union européenne. Le Defender fabriqué en Slovaquie est donc directement touché par le tarif de 15 %. La production américaine permettrait donc à JLR de réduire considérablement son exposition aux mesures commerciales américaines.

BMW et Mercedes ont déjà pris de l’avance

Jaguar Land Rover n’est pas le seul constructeur de luxe européen à vouloir limiter l’impact des tarifs américains. BMW produit depuis longtemps plusieurs de ses grands VUS en Caroline du Sud, tandis que Mercedes-Benz fabrique notamment ses VUS aux États-Unis dans son usine de l’Alabama. Volvo produit également son grand VUS électrique EX90 aux États-Unis et prévoit y ajouter la production du XC60. Pour JLR, l’objectif serait donc de rejoindre ces concurrents sur le marché nord-américain tout en évitant les investissements massifs nécessaires à la construction d’une usine entièrement nouvelle.

Une protection contre les fluctuations monétaires

La production américaine aurait également un avantage financier important. JLR vend une quantité croissante de véhicules aux États-Unis, mais ses coûts de production demeurent largement libellés en livres sterling et en euros. Produire localement permettrait donc de créer une forme de couverture naturelle contre les fluctuations du dollar américain. Selon Molyneux, l’entreprise possède actuellement une exposition « extrêmement importante » au dollar américain. Produire une partie des véhicules aux États-Unis permettrait de mieux équilibrer les revenus et les coûts dans la même devise.

L’Amérique du Nord devient essentielle pour JLR

Cette stratégie arrive alors que l’Amérique du Nord prend une importance croissante dans les activités de Jaguar Land Rover. Au cours de l’exercice terminé le 31 mars dernier, JLR a vendu un peu moins de 100 000 véhicules en Amérique du Nord, incluant les modèles Range Rover, Defender, Discovery et Jaguar. Cela représente environ 28 % des ventes mondiales de l’entreprise, qui ont totalisé 352 389 véhicules. La proportion est même passée à 34 % au trimestre terminé le 30 juin. Le marché nord-américain, qui comprend le Canada, est désormais le plus important pour JLR.

La Chine devient de plus en plus difficile

Cette dépendance envers l’Amérique du Nord s’explique également par la situation beaucoup moins favorable en Chine. Les ventes de JLR dans ce marché ont chuté de 26 % au dernier trimestre, la Chine ne représentant plus que 11 % des ventes mondiales du constructeur. Comme plusieurs marques européennes haut de gamme, JLR souffre du virage accéléré des consommateurs chinois vers les véhicules électrifiés et de la concurrence grandissante des constructeurs locaux.

JLR veut vendre moins, mais plus cher

Le choix des États-Unis correspond aussi à la nouvelle stratégie commerciale de Jaguar Land Rover. L’entreprise souhaite privilégier les modèles haut de gamme et à forte rentabilité plutôt que de chercher à maximiser les volumes. JLR vise une croissance annuelle de son chiffre d’affaires de 10 % et souhaite faire passer le prix de vente moyen à plus de 80 000 livres, soit environ 108 000 $ US. Le prix moyen était de 75 300 livres au trimestre terminé le 30 juin. Même si JLR ne dévoile pas ses bénéfices par marché, l’entreprise a déjà indiqué que les États-Unis génèrent les profits les plus élevés par véhicule, notamment grâce à des prix de vente supérieurs.

Une alliance stratégique plutôt qu’un simple transfert de production

La collaboration avec Stellantis pourrait donc devenir beaucoup plus importante qu’un simple moyen de contourner les tarifs américains. Elle donnerait à Jaguar Land Rover accès à une infrastructure industrielle américaine existante, à des technologies et à des plateformes éprouvées, tout en permettant au constructeur britannique de créer de nouveaux produits spécifiquement adaptés aux goûts des consommateurs américains. Et si un Defender capable de s’attaquer directement au Jeep Wrangler et au Ford Bronco voit effectivement le jour, JLR pourrait profiter d’un marché que la marque connaît historiquement très bien.

Avec des renseignements d’Automotive News

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