MINI Cooper édition Paul Smith
La MINI chic
On voit périodiquement des associations comme celle-là qui relève du département de marketing. Un designer britannique qui fait équipe avec un constructeur. Ce n’est pas la première fois que les deux complices se retrouvent. En 1998, Paul Smith avait participé à la création d’une Mini Cooper. Seulement 1 800 exemplaires avaient été produits, dont 300 pour le Royaume-Uni et le reste destiné au Japon. Une autre édition avait suivi en 1999 pour souligner les 40 ans de la Mini, puis les deux marques avaient remis ça en 2021 et 2022. Pour 2027, la collaboration revient avec une Cooper S qui réussit quelque chose d’assez rare dans l’industrie automobile : elle est spéciale sans être prétentieuse.
Une MINI qui n’a pas besoin d’en faire trop
La quatrième génération de la MINI Cooper était déjà particulièrement réussie sur le plan esthétique. Les gros phares, les proportions ramassées et cette silhouette immédiatement reconnaissable n’ont pas besoin de beaucoup d’artifices. Paul Smith ajoute simplement quelques touches bien choisies.
Le toit et le volant reçoivent la fameuse bande multicolore du designer. Le logo Paul Smith apparaît sur le hayon, les enjoliveurs centraux des roues et les sièges. Les tapis arborent pour leur part le sympathique lapin associé au créateur britannique.
Même les détails que personne ne vous demandera de photographier ont été travaillés. Les projecteurs de sol affichent un « Hello » lorsque vous déverrouillez la voiture et les seuils de portes reprennent le même esprit. Même le fond d’écran du mode de conduite personnalisé adopte une présentation spécifique à Paul Smith. C’est justement là que cette édition fonctionne bien. On n’a pas simplement collé quelques autocollants sur une Cooper S et ajouté 10 000 $ à la facture. Les détails sont suffisamment nombreux pour donner une personnalité particulière à la voiture, mais suffisamment subtils pour ne pas tomber dans le mauvais goût.
Une palette de couleurs sobre
Plusieurs combinaisons de couleurs sont proposées. Notre modèle en vert offre un résultat élégant sans devenir snob. Une qualité assez rare dans une époque où une automobile spéciale signifie souvent noir mat, rouge agressif et quantité industrielle de garnitures noires. La MINI Paul Smith semble plutôt dire : « Je pourrais être sportive, mais je n’ai rien à prouver. »
Une base de Cooper S
Sous le capot, on retrouve un quatre cylindres turbocompressé de 2,0 litres développant 201 chevaux et 221 lb-pi de couple. La puissance est envoyée aux roues avant par l’intermédiaire d’une boîte automatique à double embrayage à sept rapports. Ce moteur convient parfaitement à la personnalité de la voiture. Il y a suffisamment de puissance pour rendre chaque sortie de bretelle d’autoroute intéressante et suffisamment de répondant pour transformer une route secondaire en terrain de jeu. La boîte à double embrayage est généralement rapide et bien calibrée. Elle montre toutefois quelques hésitations à basse vitesse, notamment dans les manœuvres de stationnement ou lors des arrêts et redémarrages successifs. Rien de dramatique, mais suffisamment pour rappeler qu’une boîte robotisée à double embrayage n’est pas toujours aussi douce qu’une bonne vieille automatique conventionnelle.
Une suspension sèche même en mode confort
La suspension adaptative proposée avec la Cooper S constitue un investissement judicieux. Les roues de 18 pouces ont le chic pour bien tenir au bitume, mais la voiture, même en mode confort est assez sèche. Les routes québécoises les plus défoncées vous rappelleront rapidement que vous êtes au volant d’une petite voiture sportive. Mais sur une route sinueuse plane, la MINI reprend ses droits. La direction est précise, le train avant répond rapidement et les pneus procurent une adhérence impressionnante. La voiture demeure bien campée dans les virages sans exiger du conducteur qu’il ait une licence de pilote.
Avec ses 3 879 mm de longueur, 1 744 mm de largeur et 1 431 mm de hauteur, la Cooper S 3 portes est presque devenue une espèce automobile en voie de disparition. Pour les passagers adultes, les places arrière sont davantage destinées aux trajets courts.
Un habitacle sophistiqué
La planche de bord est dominée par un écran circulaire OLED sans cadre de 9,4 pouces, qui devient le centre névralgique du système multimédia. Soyez averti, il vous faudra du temps pour apprivoiser ce système qui est très déroutant. Même après une semaine au volant, nous avions encore de la difficulté avec plusieurs fonctions. L’interface est moderne mais peu intuitif. Elle répond tout de même rapidement aux commandes tactiles lorsque l’on trouve la bonne commande, même si le système peut parfois avoir un petit moment de réflexion lorsqu’on enchaîne les commandes trop rapidement.
MINI a également éliminé le traditionnel sélecteur de transmission au profit d’une petite commande installée sur la planche de bord. Ce détail libère de l’espace dans la console centrale et permet d’aménager un rangement particulièrement pratique. C’est le genre de compartiment dans lequel finissent normalement les clés, le portefeuille, les lunettes et les reçus de stationnement que l’on promet de jeter depuis trois semaines.
Seul problème : le couvercle s’ouvre dans une direction qui ne favorise pas vraiment le conducteur. Disons que MINI a pensé au rangement, mais pas nécessairement à la loi de la gravité.
Technologie
L’écran OLED central regroupe une grande partie des fonctions du véhicule et permet d’accéder aux différents modes de conduite. Le mode de conduite personnalisé reçoit même son propre décor Paul Smith. Les aides à la conduite, la connectivité et les fonctions de sécurité active placent également cette petite voiture dans le XXIe siècle. Mais MINI conserve une certaine philosophie : la technologie est là pour agrémenter l’expérience plutôt que pour transformer la voiture en ordinateur roulant.
Consommation et prix
La consommation observée lors de l’essai s’établit à environ 8,0 L/100 km, une valeur raisonnable compte tenu des 201 chevaux et du caractère sportif de la voiture. La MINI Cooper S 3 portes 2027 affiche un prix de départ de 39 990 $ au Canada, selon MINI Canada. La version Paul Smith Edition essayée ici affiche plutôt un prix de base de 44 990 $, tandis que notre modèle d’essai atteignait 49 640 $.
Conclusion
La Cooper S demeure le meilleur compromis de la famille. La JCW est plus performante, mais aussi plus exigeante. Le Countryman est beaucoup plus pratique, mais perd une partie de cette sensation de petit jouet que procure la Cooper. La Paul Smith Edition se situe donc exactement au centre : jolie, amusante, suffisamment confortable et suffisamment pratique pour vivre avec au quotidien.
Forces
- Style unique et très réussi
- Moteur 2,0 litres de 201 chevaux énergique
- Excellente tenue de route
- Habitacle moderne et bien fini
- Format idéal pour la ville
- Consommation raisonnable
Faiblesses
- Places arrière à l’Étroit
- Coffre limité
- Boîte à double embrayage parfois hésitante à basse vitesse
- Suspension sàche
- Prix élevé
- Système d’infodivertissement inutilement compliqué

