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Ne vous attendez pas à voir des VÉ chinois bon marché au Canada de sitôt

La fin des tarifs punitifs ne signifie pas une arrivée immédiate


Ne vous attendez pas à voir des VÉ chinois bon marché au Canada de sitôt

La décision du premier ministre Mark Carney d’éliminer presque entièrement le tarif de 100 % sur les véhicules électriques chinois — avec un quota initial de 49 000 unités par année — a déclenché des réactions polarisées. Certains consommateurs se réjouissent déjà à l’idée d’accéder à des VÉ plus abordables, tandis que d’autres s’inquiètent de l’ouverture du marché canadien aux constructeurs chinois. Or, la réalité est plus nuancée : même si les barrières tarifaires tombent, il faudra du temps avant que de nouveaux joueurs puissent réellement vendre leurs modèles au pays.

Des véhicules chinois sont déjà sur nos routes

Contrairement à la perception populaire, le Canada accueille déjà des véhicules fabriqués en Chine. En 2023, avant l’imposition des tarifs, Tesla a importé environ 44 000 Model Y depuis son usine de Shanghai — la plus productive du constructeur. Une fois les surtaxes en place, la marque a redirigé ses livraisons vers son usine allemande.

Volvo et Polestar, toutes deux contrôlées par le groupe chinois Geely, ont également importé des VÉ. Du côté des modèles à essence, les Lincoln Nautilus et Buick Envision proviennent aussi de Chine, même si GM prévoit rapatrier la production du Buick aux États-Unis. Bref, l’industrie canadienne n’est pas étrangère aux véhicules chinois — et ce, même avant l’application du nouveau tarif réduit à 6,1 %.

Des VÉ plus abordables… mais pas à rabais

N’espérez toutefois pas voir débarquer les micro-VÉ vendus en Chine autour de 12 000 $CAN. Le scénario le plus réaliste serait plutôt des modèles sous la barre des 30 000 $, possiblement avant même le retour d’éventuelles subventions gouvernementales. Pour mettre les choses en perspective, l’actuel VÉ le moins cher pour 2026 — le Kia EV4 — débute autour de 39 000 $. Il existe donc une marge intéressante pour repositionner le marché.

Le véritable obstacle : la logistique

Construire une voiture est une chose. Être capable de la livrer, de l’entretenir et de la financer en est une autre. Tesla et Volvo devraient logiquement être les premiers à profiter de la baisse tarifaire, puisqu’ils possèdent déjà des réseaux de distribution, des infrastructures d’entreposage, des centres de service et une chaîne d’approvisionnement en pièces

On ne peut pas simplement décharger un navire rempli de VÉ au port de Vancouver et les vendre immédiatement. Chaque véhicule doit être inspecté, préparé, immatriculé et parfois rechargé avant la livraison — des étapes qui exigent des installations physiques et du personnel qualifié.

Même les marques vendues en ligne doivent s’appuyer sur une structure semblable à celle d’un concessionnaire.

Le service après-vente : un enjeu majeur

Les mises à jour à distance (OTA) réduisent les visites en atelier, mais toute réparation mécanique exige des techniciens formés, un inventaire de pièces et des ateliers certifiés. Sans oublier les coûts marketing et la conformité aux normes canadiennes.

BYD en pole position?

Parmi les nouveaux venus potentiels, BYD semble la mieux placée. Le constructeur exploite déjà une usine d’autobus électriques au nord de Toronto, détient une préautorisation fédérale comme importateur commercial (jusqu’à 2 500 véhicules par année) et ses voitures circulent déjà comme taxis à Montréal. Malgré cela, bâtir un véritable réseau de vente et de service — même limité à Vancouver, Toronto et Montréal — demandera plusieurs années.

D’autres stratégies possibles

Certains fabricants pourraient passer par un importateur canadien plutôt que de créer immédiatement leur propre réseau, une stratégie déjà utilisée par plusieurs marques étrangères à leurs débuts.

Une autre avenue serait d’importer des modèles produits en Chine via des coentreprises existantes. Mais cela implique homologation, formation technique, pièces et publicité — des investissements considérables. Les marques haut de gamme pourraient aussi hésiter à exposer en salle de montre un VÉ nettement moins cher que leurs produits actuels.

Conclusion

Oui, les VÉ chinois abordables ont de bonnes chances de percer le marché canadien. Mais contrairement à ce que plusieurs imaginent, il ne s’agira pas d’un virage rapide. Les consommateurs intéressés devront faire preuve de patience : l’industrie automobile évolue lentement, surtout lorsqu’il est question d’infrastructures nationales.

Avec des renseignements de Drinving .ca

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