11 nouveaux modèles chez Stellantis qui pourrait profiter à l’usine de Brampton
Après des mois d’incertitude et de silence industriel, une petite lumière semble enfin apparaître au bout du tunnel pour l’usine de Brampton de Stellantis en Ontario. Le constructeur a indiqué cette semaine que son ambitieux plan de lancer 11 nouveaux modèles en Amérique du Nord d’ici 2030 pourrait créer des « opportunités significatives » pour l’usine canadienne actuellement à l’arrêt. Ce n’est pas encore une garantie de production. Mais après plus de deux ans sans assembler le moindre véhicule, à Brampton, on commence à entendre autre chose que l’écho des lignes de montage vides.
Une usine sans mandat depuis 2023
L’usine de Brampton n’a pas produit de véhicule depuis la fin de 2023. Initialement, Stellantis devait moderniser le site afin d’y construire le futur Jeep Compass de nouvelle génération. Mais le constructeur avait brusquement suspendu le projet de réoutillage l’an dernier avant de finalement transférer la production du modèle à Belvidere, en Illinois. Depuis, l’avenir du site ontarien demeure flou. Cette décision avait provoqué de fortes tensions entre Stellantis, le gouvernement canadien et le syndicat Unifor, particulièrement dans un contexte où la production automobile canadienne traverse l’une des périodes les plus difficiles des dernières décennies.
Les nouveaux modèles relancent les espoirs
Lors d’une longue présentation stratégique tenue le 21 mai à Auburn Hills, au Michigan, la direction de Stellantis a confirmé son intention d’élargir considérablement les gammes Chrysler, Dodge, Jeep et Ram en Amérique du Nord. Au total, 11 nouveaux modèles doivent être lancés d’ici 2030. Selon LouAnn Gosselin, porte-parole de Stellantis Canada, cette offensive produit crée désormais un « solide pipeline » permettant au constructeur d’évaluer activement de nouvelles opportunités de production pour ses installations canadiennes. Et dans cette équation, Brampton revient naturellement dans les discussions.
Unifor veut des réponses rapidement
Pour Vito Beato, président de la section locale 1285 d’Unifor représentant environ 3 000 travailleurs de l’usine, cette annonce constitue un signal encourageant. Plusieurs des futurs modèles annoncés concernent justement les marques historiquement assemblées à Brampton, notamment Dodge et Chrysler. Mais le syndicat veut maintenant passer des intentions aux décisions concrètes. Après deux ans et demi sans travail régulier, la patience des employés commence sérieusement à s’effriter. Beato affirme toujours vouloir que Stellantis respecte son engagement initial concernant le Jeep Compass, mais le syndicat demeure ouvert à d’autres projets.
Le projet Leapmotor rejeté
Récemment, Stellantis avait proposé d’assembler à Brampton des véhicules électriques de la marque chinoise Leapmotor à partir de trousses CKD (Complete Knock Down). Le projet a toutefois été rejeté par le syndicat. Leapmotor fait désormais partie d’une coentreprise avec Stellantis appelée Leapmotor International, mais l’idée de transformer Brampton en simple centre d’assemblage pour véhicules chinois démontés n’a visiblement pas enthousiasmé les travailleurs. Le syndicat souhaite plutôt obtenir un véritable mandat de production nord-américain à long terme.
Les États-Unis d’abord
Dans sa stratégie dévoilée aux investisseurs, Stellantis a également confirmé vouloir augmenter sa production américaine au cours des prochaines années. Le constructeur vise une hausse de 25 % de ses revenus nord-américains d’ici 2030 ainsi qu’un taux d’utilisation de 80 % de ses usines. Dans le climat politique actuel, les investissements automobiles aux États-Unis deviennent presque un passage obligé pour les grands constructeurs. Cela dit, selon Unifor, davantage de production américaine ne signifie pas automatiquement l’exclusion du Canada. Brampton possède déjà les infrastructures, la main-d’œuvre qualifiée et l’expérience nécessaires pour accueillir de nouveaux véhicules.
Le temps commence à presser
Le principal problème demeure toutefois l’échéancier. Certains des nouveaux modèles annoncés par Stellantis n’entreront pas en production avant 2029 ou 2030. Pour les travailleurs de Brampton, cela représente encore plusieurs années d’incertitude. Pendant ce temps, les négociations syndicales approchent rapidement. Les conventions collectives des Trois Grands expirent le 20 septembre, et Unifor amorcera ses discussions avec Ford Motor Company dès le mois de juin avant de poursuivre avec Stellantis et General Motors. Autrement dit, le dossier Brampton risque de devenir l’un des grands enjeux de l’automne dans l’industrie automobile canadienne.
Avec des renseignements d’Automotive News

