Le Canada ouvre la porte à 24 500 autres véhicules électriques fabriqués en Chine
Le Canada a officiellement ouvert, le 1er septembre, un nouveau contingent permettant l’importation de 24 500 véhicules électrifiés fabriqués en Chine. Cette nouvelle tranche de permis intervient alors que la politique commerciale conclue entre Ottawa et Pékin entre dans son septième mois et que plusieurs constructeurs chinois préparent activement leur arrivée sur le marché canadien. Cette nouvelle allocation pourrait accélérer la présence de véhicules chinois au pays, alors que des marques comme BYD, Chery et Geely travaillent déjà à mettre en place leurs réseaux de distribution et à compléter les processus nécessaires à la commercialisation de leurs véhicules au Canada.
Un contingent annuel de 49 000 véhicules
Le contingent découle de l’entente commerciale conclue entre le Canada et la Chine en janvier. Cette politique a remplacé le tarif prohibitif de 100 % imposé depuis 2024 aux véhicules électriques fabriqués en Chine. Pour sa première année, le programme autorise l’importation de 49 000 véhicules électrifiés fabriqués en Chine. Ottawa a toutefois divisé cette quantité en deux périodes de six mois. Un premier contingent de 24 500 permis est devenu disponible le 1er mars, tandis que les 24 500 permis restants sont maintenant accessibles depuis le 1er septembre. Les véhicules importés à l’intérieur du contingent ne sont toutefois pas entièrement exemptés de droits. Ils demeurent assujettis au tarif normal de la nation la plus favorisée, fixé à 6,1 %.
Plus de 15 000 véhicules électriques déjà autorisés
Selon les données les plus récentes publiées par Affaires mondiales Canada le 28 août, des permis avaient été accordés pour l’importation de 15 344 véhicules électriques fabriqués en Chine, ainsi que 259 véhicules hybrides, au cours des six premiers mois du programme. Le gouvernement ne divulgue pas l’identité des constructeurs ayant utilisé ces contingents. Toutefois, Tesla aurait vraisemblablement été l’un des principaux bénéficiaires. Avant l’imposition des tarifs canadiens en 2024, le constructeur américain était déjà le principal importateur de véhicules électriques fabriqués en Chine au Canada. Tesla a notamment lancé, en mai, une version plus abordable de la Model 3 produite à Shanghai.
Polestar, Lotus et Lincoln utilisent aussi la filière chinoise
Tesla n’est évidemment pas le seul constructeur à profiter du retour des importations chinoises. Polestar, qui importait régulièrement ses véhicules de Chine avant l’entrée en vigueur des tarifs de 2024, a prévu reprendre les livraisons de la Polestar 2 au Canada. Lotus, propriété du groupe chinois Geely, a également commencé à importer plusieurs exemplaires de son imposant VUS électrique Eletre au cours de l’été. Du côté de Lincoln, la marque de luxe de Ford a ramené au Canada, en août, la version hybride du Nautilus, lui aussi assemblé en Chine. Cette décision explique vraisemblablement une bonne partie des 259 véhicules hybrides ayant reçu des permis d’importation.
BYD, Chery et Geely préparent leur arrivée
La situation pourrait toutefois changer rapidement au cours des prochains mois. Jusqu’ici, le contingent a surtout profité à des constructeurs déjà présents sur le marché canadien. Mais plusieurs constructeurs chinois travaillent maintenant activement à leur implantation. BYD, Chery et Geely seraient notamment engagés dans les différentes étapes de certification de leurs véhicules, le recrutement de personnel canadien et la recherche de concessionnaires capables de représenter leurs marques. Des véhicules de ces trois constructeurs ont d’ailleurs été aperçus sur les routes canadiennes au cours de l’été, vraisemblablement dans le cadre de programmes d’essais et de validation. Leur arrivée commerciale, attendue dès le début de 2027 selon plusieurs indications, pourrait donc transformer le contingent d’importation en véritable enjeu concurrentiel.
Jusqu’à 33 397 véhicules disponibles au cours des six prochains mois
Le nouveau contingent de 24 500 véhicules ne représente pas nécessairement la totalité des permis accessibles au cours des six prochains mois. En raison des permis inutilisés lors de la première période, 8 897 autorisations restantes pourront être reportées. Au total, les importateurs pourraient donc avoir accès à 33 397 permis pour des véhicules fabriqués en Chine d’ici la prochaine remise à zéro du système. Le programme fonctionne actuellement selon le principe du premier arrivé, premier servi. Affaires mondiales Canada a toutefois indiqué qu’elle surveillerait la situation afin de s’assurer que les constructeurs bénéficient d’un accès équitable au contingent. Ottawa avait initialement annoncé son intention de dévoiler, avant septembre, une politique plus détaillée concernant la gestion à long terme des quotas. Dans un avis mis à jour le 29 août, le gouvernement a cependant confirmé que le système actuel de premier arrivé, premier servi demeurerait en vigueur jusqu’à nouvel ordre.
Le contingent augmentera encore en 2027
L’entente conclue entre Ottawa et Pékin prévoit également une croissance annuelle du contingent. La quantité maximale de véhicules électrifiés fabriqués en Chine autorisés à entrer au Canada augmentera de 6,5 % par année. À compter du 1er mars 2027, le contingent annuel doit ainsi passer à 52 185 véhicules. L’arrivée de BYD, Chery, Geely et d’autres constructeurs chinois pourrait donc rapidement modifier l’équilibre du marché canadien. Jusqu’à maintenant, le système de quotas n’a pas suscité une véritable course aux permis. Mais avec l’arrivée de nouvelles marques, la deuxième moitié du programme pourrait être beaucoup plus disputée. Pour les consommateurs canadiens, cette ouverture graduelle pourrait surtout signifier davantage de choix et, potentiellement, une pression accrue sur les prix, particulièrement dans le segment des véhicules électriques et des hybrides rechargeables.

