Dodge prépare le retour de la GLH
Dodge veut retrouver son mojo. Après plusieurs années difficiles, la marque américaine mise sur son ADN de performance pour reconquérir les automobilistes. Première offensive : le GLH, une compacte sportive qui entend se démarquer radicalement de la concurrence. Et Dodge promet que cette fois, il ne sera pas question de copier les autres.
Un GLH qui veut surprendre
Le futur Dodge GLH fait partie des 11 nouveaux véhicules Stellantis prévus en Amérique du Nord d’ici 2030. Il constituera le modèle d’entrée de gamme de la marque et doit occuper le créneau des « hot hatch », ces compactes capables de combiner polyvalence et performances. Matt McAlear, chef de la direction de Dodge, affirme que le GLH ne sera pas un simple produit supplémentaire destiné à remplir une case dans le catalogue. « Nous ne voulons pas concevoir un produit qui ressemble à tout ce qui existe déjà dans le segment », explique-t-il. L’objectif est plutôt de créer une véritable Dodge, avec une personnalité et des caractéristiques qui lui sont propres. Selon McAlear, le GLH offrira des performances que les consommateurs « n’avaient pas vraiment vues venir ».
Un nom chargé d’histoire
Le nom GLH n’a pas été choisi au hasard. Il reprend l’acronyme « Goes Like Hell », qui avait fait sensation dans les années 1980. En 1986, une Dodge Omni GLH préparée par Carroll Shelby avait acquis une réputation de petite fusée capable de tenir tête à des voitures beaucoup plus prestigieuses. Le nouveau GLH cherchera donc à ressusciter cette philosophie : une petite voiture, beaucoup de caractère et suffisamment de puissance pour faire sourire son propriétaire. Les caractéristiques techniques demeurent toutefois secrètes pour le moment, tout comme la date précise de lancement.
Un nouveau point d’entrée dans l’univers Dodge
Dodge voit aussi le GLH comme une porte d’entrée vers le reste de la gamme. Le constructeur estime que ce type de véhicule peut attirer une clientèle plus jeune ou disposant d’un budget plus limité, avant de l’accompagner vers des modèles plus imposants comme la Charger ou le Durango lorsque ses besoins évolueront. Une version SRT encore plus performante serait également prévue dans le plan de produits de Stellantis. Pour Dodge, le potentiel commercial est donc double : vendre une compacte sportive et créer une nouvelle génération de clients fidèles à la marque.
Dodge doit surtout retrouver ses clients
Le GLH arrive cependant à un moment critique pour Dodge. Les ventes américaines de la marque ont chuté de plus de 80 % depuis 2013, alors qu’elles approchaient à l’époque les 600 000 véhicules annuellement. Le défi est donc beaucoup plus important que le lancement d’un nouveau modèle. Dodge doit redevenir pertinente. La Charger joue évidemment un rôle central dans cette stratégie. Après avoir bâti sa réputation avec les gros V8 Hemi, la nouvelle génération propose maintenant un moteur Hurricane à six cylindres ou une motorisation électrique. Un changement de philosophie qui n’a pas fait l’unanimité auprès des amateurs de muscle cars.
La Charger Super Bee veut remettre le feu aux poudres
En attendant le GLH, Dodge mise sur une autre arme : la Charger Super Bee 2027. Cette version développera 600 chevaux grâce au moteur Hurricane et recevra une série de modifications destinées à améliorer ses performances sur circuit. La Super Bee ne sera pas simplement une Charger équipée d’un ensemble esthétique. Dodge promet notamment de plus gros turbocompresseurs Garrett, une calibration spécifique, une meilleure capacité de refroidissement ainsi que des améliorations au niveau du freinage, de la suspension et de l’aérodynamisme. L’objectif est clair : accélérer plus fort, freiner plus tard et tourner plus rapidement.
Le moteur Hurricane n’a pas encore dit son dernier mot
Dodge considère la Charger Super Bee comme une démonstration des possibilités du moteur Hurricane. Lors de l’événement Roadkill Nights, une Charger Scat Pack modifiée développait même 1 000 chevaux, tandis que Dodge présentait deux versions spéciales de 750 chevaux destinées au drift. Le constructeur souhaite ainsi démontrer aux préparateurs et aux amateurs de modifications que le nouveau groupe motopropulseur possède une marge de progression considérable. L’équipe Direct Connection de Dodge entend d’ailleurs développer davantage de pièces de performance afin de permettre aux propriétaires de personnaliser leur véhicule.
Le pari de la performance
Avec le GLH et la Charger Super Bee, Dodge tente donc de retrouver ce qui a longtemps constitué sa principale force : l’émotion. La stratégie est risquée, mais elle a le mérite d’être cohérente. Alors que plusieurs constructeurs cherchent à rationaliser leurs gammes et à uniformiser leurs produits, Dodge veut au contraire miser sur la personnalité. Reste maintenant à savoir si le GLH sera réellement à la hauteur de son nom. Car chez Dodge, « Goes Like Hell » n’est pas exactement le genre de promesse que l’on peut se permettre de prendre à la légère.
Avec des renseignements d’Automotive News

