Le vol automobile recule de 10,1 % au Canada
Des chiffres pour le premier trimestre 2026
Le nombre de véhicules volés au Canada poursuit sa baisse. Selon le plus récent rapport d’Équité Association, 20 759 véhicules ont été déclarés volés au cours des six premiers mois de 2026, soit 10,1 % de moins qu’à la même période en 2025, alors que 23 093 véhicules avaient été volés. Cette baisse ramène le marché canadien à un niveau qui se rapproche de celui observé avant la flambée des vols automobiles. Au premier semestre de 2021, 20 313 véhicules avaient été déclarés volés. La tendance est donc encourageante, même si le problème demeure important pour les assureurs, les automobilistes et les forces policières.
L’Ouest canadien affiche la plus forte baisse
Toutes les grandes régions du pays ont enregistré une diminution des vols au premier semestre de 2026. L’Alberta affiche toutefois la baisse la plus importante avec 15,1 %, tandis que l’ensemble de l’Ouest canadien enregistre une diminution de 14,3 %. L’Ontario demeure la province qui compte le plus grand nombre de véhicules volés, avec 8 796 cas, malgré une baisse de 8,4 %. Le Québec arrive ensuite avec 3 641 vols, soit une diminution de 6,4 %.
Les vols d’automobiles par région
| Région | 1er semestre 2025 | 1er semestre 2026 | Variation |
| Canada | 23 093 | 20 759 | -10,1 % |
| Ontario | 9 601 | 8 796 | -8,4 % |
| Québec | 3 888 | 3 641 | -6,4 % |
| Ouest du Canada | 8 695 | 7 449 | -14,3 % |
| Alberta | 4 411 | 3 744 | -15,1 % |
| Canada atlantique | 910 | 873 | -4,1 % |
Source : Équité Association. Variation par rapport au premier semestre de 2025.
Le taux de récupération diminue également
Si moins de véhicules sont volés, une autre statistique mérite toutefois l’attention : le taux de récupération des véhicules volés est lui aussi en baisse. À l’échelle nationale, 53,9 % des véhicules volés au cours de la période ont été récupérés, comparativement à 56,5 % un an plus tôt. Il s’agit d’une diminution de 2,6 points de pourcentage. La situation varie considérablement d’une région à l’autre.
Récupération des véhicules volés
| Région | 1er semestre 2025 | 1er semestre 2026 | Variation |
| Canada | 56,5 % | 53,9 % | -2,6 points |
| Ontario | 48,6 % | 44,8 % | -3,8 points |
| Québec | 45,1 % | 43,9 % | -1,2 point |
| Ouest du Canada | 69,9 % | 69,0 % | -0,9 point |
| Alberta | 67,6 % | 67,0 % | -0,6 point |
| Canada atlantique | 59,2 % | 58,8 % | -0,4 point |
Les véhicules comptabilisés dans ce taux sont ceux qui ont été volés et récupérés au cours de la même période de déclaration, soit du 1er janvier au 30 juin.
Les technologies antivol demeurent au cœur du problème
Malgré la diminution des vols, les méthodes utilisées par les réseaux criminels continuent d’évoluer.
Les attaques par relais visant les clés à télécommande et les techniques de reprogrammation permettent notamment aux voleurs de contourner certains systèmes de sécurité électroniques des véhicules.
Pour Équité Association, le simple fait de verrouiller les portières n’est donc plus suffisant. L’organisme souhaite que les constructeurs intègrent des dispositifs de protection plus efficaces directement au moment de la fabrication du véhicule.
Cette position rejoint d’ailleurs l’opinion d’une forte majorité de Canadiens.
Trois Canadiens sur quatre favorables à des dispositifs antivol obligatoires
Selon le Sondage 2026 sur les répercussions du vol d’automobiles au Canada, près de 75 % des Canadiens estiment que les technologies antivol devraient être obligatoires au moment de la construction d’un véhicule plutôt que proposées comme accessoires ou solutions après-vente. Le sondage révèle également que 35 % des Canadiens affirment avoir été personnellement touchés par le vol automobile, tandis que 79 % se disent préoccupés par les conséquences plus larges du crime dans leur collectivité. Le vol automobile dépasse donc largement la simple perte d’un véhicule. Il entraîne des conséquences financières pour les propriétaires et les assureurs, tout en alimentant d’autres activités criminelles.
Équité demande des normes de cybersécurité plus strictes
Équité Association souhaite également que le Canada renforce ses exigences réglementaires en matière de cybersécurité automobile. L’organisme a participé aux consultations de Transports Canada concernant la mise à jour du Règlement sur la sécurité des véhicules automobiles. Il demande notamment que les essais de cybersécurité prévus par le Règlement ONU 155 et la norme ISO/SAE 21434 deviennent obligatoires. L’objectif est de mieux protéger les véhicules contre les attaques électroniques et d’harmoniser les exigences canadiennes avec les pratiques internationales.
Le plan d’action national semble porter ses fruits
Selon Équité, la baisse de 10,1 % enregistrée au pays témoigne notamment des effets des partenariats entre l’industrie de l’assurance, les forces policières et les gouvernements dans le cadre du Plan d’action national pour lutter contre le vol de véhicules. L’Alberta constitue le meilleur exemple de cette tendance avec une baisse de 15,1 %. L’Ontario et le Québec affichent également des résultats positifs, mais leurs volumes demeurent élevés. Avec 8 796 véhicules volés en six mois, l’Ontario représente à lui seul plus de 40 % des vols recensés au pays durant la période.
Une baisse encourageante, mais la bataille est loin d’être gagnée
Les chiffres du premier semestre de 2026 sont indéniablement encourageants. Le Canada compte maintenant presque autant de vols automobiles qu’au premier semestre de 2021, avant l’explosion récente du phénomène. Mais la diminution du taux de récupération rappelle que le problème ne se résume pas au nombre de véhicules volés. Les réseaux criminels s’adaptent rapidement et utilisent des méthodes de plus en plus sophistiquées. Pour les constructeurs, le message est donc assez simple : la sécurité antivol doit désormais être considérée comme un élément fondamental de la conception d’un véhicule, au même titre que les freins, les coussins gonflables ou les systèmes d’aide à la conduite. Le voleur automobile de 2026 n’a plus nécessairement besoin d’une barre à clous. Il lui arrive plutôt d’avoir besoin d’un ordinateur, d’un appareil électronique et de quelques connaissances en cybersécurité.
Source: Équité association

