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Les travailleurs de Stellantis votent à 97,3 % pour un mandat de grève


Les travailleurs de Stellantis votent à 97,3 % pour un mandat de grève

Les négociations entre Unifor et Stellantis s’enlisent et la tension monte d’un cran. Les travailleurs canadiens du constructeur ont voté massivement en faveur d’un mandat autorisant leur syndicat à déclencher une grève si les négociations n’aboutissent pas.

Pas moins de 97,3 % des membres ayant participé au vote tenu durant la fin de semaine se sont prononcés en faveur du mandat. Un résultat qui laisse peu de place à l’interprétation et qui donne à Unifor un levier de pression considérable face au constructeur automobile.

Le syndicat représente plus de 9 000 travailleurs de Stellantis au Canada.

Un mandat de grève, mais pas encore de grève

Même avec ce vote presque unanime, Unifor n’est pas encore légalement en position de déclencher un arrêt de travail.

Le syndicat et Stellantis n’ont pas demandé de rapport de type « no board », une étape nécessaire en vertu du droit du travail avant qu’une grève puisse être déclenchée.

Unifor affirme néanmoins croire qu’une entente demeure possible, à condition que Stellantis respecte ses engagements envers ses travailleurs et l’industrie automobile canadienne.

« La grève est toujours un dernier recours », soutient James Stewart, président du comité de négociation principal d’Unifor chez Stellantis. Le syndicat refuse toutefois d’accepter une entente qui, selon lui, réduirait davantage la présence de Stellantis au Canada et compromettrait des emplois bien rémunérés ainsi que l’avenir de plusieurs collectivités.

L’usine de Brampton au cœur du conflit

L’un des principaux points de friction demeure l’avenir de l’usine d’assemblage de Brampton, en Ontario.

L’installation est inactive depuis 2023, année où plus de 2 000 travailleurs ont été mis à pied. Stellantis avait initialement prévu transformer l’usine afin d’y produire des véhicules Jeep. Les travaux avaient commencé au début de 2024.

Mais au début de 2025, le constructeur a suspendu ce projet avant d’annoncer que la production de la Jeep Compass serait finalement déplacée vers l’Illinois.

L’usine de Brampton s’est donc retrouvée sans produit et sans échéancier clair de reprise.

L’entente avec Roshel fait exploser les négociations

La situation s’est encore compliquée le 11 septembre, lorsque Stellantis a signé un protocole d’entente avec le fabricant canadien de véhicules blindés Roshel concernant une éventuelle vente de l’usine de Brampton.

C’est cette décision qui a provoqué l’arrêt des négociations entre Stellantis et Unifor.

Le syndicat estime que la vente potentielle pourrait contrevenir aux engagements antérieurs pris par Stellantis envers le gouvernement fédéral concernant le maintien de ses activités et de ses emplois au Canada.

Unifor a donc écrit à la ministre fédérale de l’Industrie, Mélanie Joly, afin de demander au gouvernement de bloquer la transaction et de déterminer si le protocole d’entente avec Roshel constitue une violation des engagements précédemment pris par Stellantis envers Ottawa.

Stellantis veut retourner à la table

De son côté, Stellantis affirme ne pas avoir fermé la porte aux négociations.

LouAnn Gosselin, porte-parole du constructeur, a réitéré que Stellantis demeure disposée à reprendre les discussions avec Unifor.

L’entreprise affirme vouloir négocier de bonne foi afin de parvenir à une entente qui reconnaisse la contribution de ses employés tout en assurant la compétitivité à long terme de ses activités canadiennes.

Le problème, évidemment, est que les deux parties semblent avoir une définition assez différente de ce que signifie assurer l’avenir de l’automobile au Canada.

Une échéance déjà dépassée

La précédente convention collective entre Stellantis et Unifor est arrivée à échéance le 20 septembre, sans qu’une nouvelle entente de principe ait été conclue.

Les négociations achoppent notamment sur la sécurité d’emploi, l’avenir de l’usine de Brampton et les engagements de Stellantis envers sa main-d’œuvre canadienne.

Le vote de 97,3 % donne maintenant à Unifor un mandat extrêmement fort pour reprendre les discussions avec le constructeur.

Ford et GM ont déjà conclu avec Unifor

Le contraste avec les deux autres constructeurs de Detroit est également important.

Dans le cadre de son processus de négociation coordonnée avec les trois grands constructeurs américains, Unifor a déjà conclu et fait ratifier de nouvelles conventions collectives avec Ford du Canada et General Motors du Canada au cours de l’été.

Stellantis est donc désormais le dernier des trois grands constructeurs à ne pas avoir conclu une nouvelle entente avec Unifor.

Et avec l’usine de Brampton au centre de la dispute, la négociation risque de devenir beaucoup plus importante qu’une simple question de salaires et de conditions de travail. Elle porte désormais directement sur l’avenir de la production automobile et des emplois chez Stellantis au Canada.

Avec des renseignements de la Presse canadienne

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