Porsche quitte Volkswagen et s’allie à Xpeng pour réduire ses émissions de CO2
Porsche vient de trouver une façon pour le moins surprenante de réduire la pression exercée par les normes européennes sur ses émissions de CO2. Selon un rapport cité par l’analyste Matthias Schmidt, le constructeur allemand ne regroupera pas ses émissions avec celles du groupe Volkswagen pour les années 2026 et 2027. À la place, Porsche fera équipe avec le constructeur chinois Xpeng afin de former son propre regroupement d’émissions en Europe. Une décision qui peut sembler étonnante, mais qui prend tout son sens lorsqu’on regarde les ventes de véhicules électriques de Porsche.
Volkswagen doit éviter une lourde facture
Le groupe Volkswagen a déjà connu des difficultés à respecter les objectifs européens d’émissions de CO2. En 2025, les émissions moyennes du groupe, incluant Porsche, se sont établies à environ 100 g/km, alors que la limite européenne était fixée à 93,6 g/km. Un écart qui pourrait coûter extrêmement cher au constructeur. Les règles européennes prévoient une pénalité de 95 euros par gramme de CO2 excédentaire et par véhicule. Sur la période 2025-2027, la facture potentielle pour le groupe Volkswagen pourrait atteindre environ 1,5 milliard d’euros.
La chute des ventes de la Taycan complique les choses
Porsche est devenue un poids supplémentaire pour la moyenne du groupe Volkswagen en raison du ralentissement de ses ventes de véhicules électriques. La Taycan, qui avait pourtant été l’un des grands symboles de la stratégie d’électrification de Porsche, connaît un sérieux ralentissement de la demande. Le Macan électrique peine également à compenser cette baisse. Et contrairement à plusieurs constructeurs qui continuent de miser massivement sur le tout électrique, Porsche a récemment réajusté sa stratégie en accordant de nouveau une place importante aux moteurs thermiques et hybrides. Résultat : la moyenne d’émissions de Porsche risque de demeurer relativement élevée.
Xpeng, le partenaire idéal
C’est ici que Xpeng entre en scène. Le constructeur chinois connaît une croissance beaucoup plus rapide de ses ventes électriques en Europe. Selon les données rapportées par Automotive News, Xpeng aurait vendu environ 19 000 véhicules électriques en Europe au cours des six premiers mois de 2026, une progression spectaculaire de 126 % par rapport à la même période précédente. Pour Porsche, s’associer à une entreprise dont les ventes sont presque exclusivement composées de véhicules électriques constitue donc un moyen efficace d’améliorer la moyenne d’émissions du regroupement. Le montant que Porsche versera éventuellement à Xpeng pour cette entente n’a pas été dévoilé. Une chose semble toutefois claire : Porsche considère que le coût de cette alliance est préférable à celui d’une éventuelle amende imposée au groupe Volkswagen.
Une alliance ouverte aux autres constructeurs
Le regroupement constitué par Porsche et Xpeng n’est pas fermé aux autres constructeurs automobiles. D’autres fabricants peuvent encore s’y joindre d’ici le 31 décembre. Cette pratique de mise en commun des émissions permet aux constructeurs de calculer leurs émissions moyennes sur une base collective plutôt que de devoir respecter individuellement les objectifs européens. D’autres regroupements existent déjà. Tesla en dirige notamment un auquel participent Ford, Honda, Mazda et Suzuki. Mercedes-Benz dispose également de son propre regroupement avec Volvo, Polestar et Smart.
Porsche et Xpeng se connaissent déjà
Si cette association semble surprenante sur le papier, elle n’est pas totalement inattendue. Le groupe Volkswagen entretient déjà une relation étroite avec Xpeng en Chine. Les deux entreprises travaillent notamment au développement d’une architecture électronique commune ainsi que de plusieurs nouveaux modèles destinés au marché chinois. Porsche ne s’associe donc pas à un partenaire totalement inconnu. Cette entente illustre surtout une nouvelle réalité de l’industrie automobile : dans une Europe où chaque gramme de CO2 peut se transformer en facture salée, les constructeurs sont prêts à faire équipe avec des concurrents, voire avec des marques chinoises, pour respecter les règles du jeu. Et dans le cas de Porsche, la faiblesse actuelle de la Taycan et le ralentissement de la demande pour les véhicules électriques rendent cette stratégie particulièrement pertinente.
Avec des renseignements de Carscoops

