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Le retour des commandes physiques dans les autos

Le tout à l'écran ne fait plus l'unanimité


Le retour des commandes physiques dans les autos

Après une décennie à transformer les habitacles en véritables centres multimédias sur roues, les constructeurs automobiles découvrent que les consommateurs ne sont pas entièrement séduits par les écrans géants et les commandes tactiles. Une contestation croissante pousse désormais plusieurs fabricants à réintroduire boutons, molettes et interrupteurs physiques dans leurs véhicules. Cette tendance, observée depuis plusieurs années, s’est imposée comme l’un des sujets majeurs lors de la conférence Car App World tenue à Los Angeles. Réunissant constructeurs, développeurs de logiciels, fabricants de matériel électronique et fournisseurs de connectivité, l’événement a mis en lumière un constat devenu difficile à ignorer : les automobilistes veulent davantage de simplicité et moins de distractions.

Les conducteurs réclament des commandes intuitives

Les études démontrent que les consommateurs apprécient toujours les technologies modernes, mais souhaitent qu’elles soient mieux intégrées. Manipuler un écran tactile pour régler la climatisation, activer les sièges chauffants ou ajuster le volume exige souvent plusieurs manipulations visuelles qui détournent l’attention de la route. Chez Scout Motors, la nouvelle marque de Volkswagen spécialisée dans les véhicules d’aventure, cette réalité influence directement le développement des futurs modèles. Selon Nicole Johnson, responsable de l’expérience utilisateur chez Scout, les applications automobiles devraient fonctionner différemment des applications pour téléphones intelligents. Les spécialistes de l’expérience utilisateur soulignent qu’un conducteur doit consacrer plusieurs secondes à réorienter son attention lorsqu’il passe du pare-brise à l’écran central, un délai qui peut avoir des conséquences importantes sur la sécurité.

Une correction plutôt qu’un rejet de la technologie

Pour Alexander Edwards, président de la firme d’analyse Strategic Vision, le mouvement actuel ne représente pas un rejet de la technologie. Les consommateurs continuent de vouloir des écrans modernes, une connectivité avancée, des systèmes d’aide à la conduite sophistiqués et des fonctions alimentées par l’intelligence artificielle. Toutefois, ils réclament désormais une technologie plus respectueuse de leur concentration. Les données de Strategic Vision révèlent d’ailleurs qu’à peine un tiers des acheteurs font confiance à des assistants virtuels comme Siri, ChatGPT ou Gemini lorsqu’il s’agit de fournir des informations précises à bord d’un véhicule. Cette méfiance montre que l’intelligence artificielle devra encore faire ses preuves avant de devenir le copilote numérique que plusieurs constructeurs imaginent.

La qualité de l’affichage prime sur la taille de l’écran

Une récente étude de S&P Global Mobility apporte également un éclairage intéressant. Contrairement à ce que plusieurs constructeurs ont longtemps cru, les consommateurs accordent davantage d’importance à la qualité de l’image qu’à la dimension de l’écran. La clarté vidéo arrive au sommet des caractéristiques recherchées dans les systèmes multimédias, alors que les écrans occupant toute la planche de bord se retrouvent beaucoup plus bas dans le classement. Les familles avec enfants apprécient davantage les grands écrans pour la navigation et le divertissement des passagers, mais l’intérêt pour ces technologies diminue généralement avec l’âge des acheteurs.

Hyundai et Mazda cherchent le juste équilibre

Les constructeurs tentent désormais de réconcilier modernité et simplicité. Chez 42dot, la filiale de Hyundai spécialisée dans les véhicules définis par logiciel, les ingénieurs travaillent sur des commandes tactiles physiques capables d’exécuter plusieurs fonctions sans nécessiter l’affichage constant d’un menu à l’écran. L’objectif consiste à simplifier l’interface tout en préservant les avantages des technologies numériques. Mazda adopte une approche similaire. Le constructeur japonais privilégie un design épuré visant à réduire les distractions visuelles, manuelles et cognitives du conducteur. Le populaire VUS CX-5 utilise notamment deux écrans distincts : l’un principalement destiné au conducteur, l’autre davantage orienté vers les passagers.

L’intelligence artificielle au service du conducteur

Si les consommateurs demeurent sceptiques face aux assistants virtuels actuels, Mazda croit néanmoins au potentiel de l’intelligence artificielle lorsqu’elle est utilisée de manière discrète et pratique. L’entreprise imagine un véhicule capable d’apprendre les habitudes de son propriétaire afin d’automatiser certaines tâches. Par exemple, après une séance d’entraînement, le système pourrait activer automatiquement la ventilation des sièges avant le départ. De même, si le conducteur s’arrête régulièrement chez Starbucks sur le chemin du travail, le véhicule pourrait signaler le temps d’attente et même préparer une commande à l’avance. Pour Mazda, l’avenir de la télématique repose moins sur les écrans spectaculaires que sur la capacité du véhicule à comprendre son utilisateur.

L’automobile de demain ne sera plus centrée sur le conducteur

Cette évolution pourrait même transformer la conception des habitacles. Le géant technologique LG estime que les véhicules autonomes et connectés finiront par faire évoluer l’intérieur des voitures vers des espaces davantage axés sur les passagers que sur le conducteur. Dans ce contexte, la bataille entre écrans tactiles et boutons physiques pourrait finalement n’être qu’une étape de transition vers une nouvelle génération d’expériences numériques embarquées. Une chose semble toutefois certaine : les automobilistes veulent toujours de la technologie, mais ils souhaitent qu’elle travaille pour eux plutôt que l’inverse.

Avec des renseignements d’Automotive News

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