Les premiers véhicules électriques Lotus fabriqués en Chine arriveront au Canada en juillet
Les premiers véhicules électriques de la marque Lotus, propriété du constructeur chinois Geely, arriveront officiellement au Canada dès le mois de juillet. L’annonce a été faite par l’ambassadeur de Chine au Canada, Wang Di, lors d’une entrevue accordée à Reuters. Cette livraison constitue la première mise en œuvre tangible de l’accord conclu entre le premier ministre canadien Mark Carney et le président chinois Xi Jinping. Cette entente permet l’importation de jusqu’à 49 000 véhicules électriques chinois par année à un tarif douanier réduit, dans le cadre de la stratégie canadienne visant à diversifier ses échanges commerciaux au-delà des États-Unis. Selon Wang Di, une cérémonie officielle est prévue à Montréal au début de juillet afin de souligner l’arrivée des premiers modèles Lotus sur le marché canadien.
BYD et Chery pourraient suivre dès l’automne
L’ambassadeur chinois a également indiqué que d’autres constructeurs majeurs, notamment BYD et Chery, travaillent actuellement avec les autorités canadiennes afin de compléter les procédures réglementaires nécessaires à leur entrée sur le marché. Des véhicules de ces marques auraient déjà été importés au Canada à des fins d’essais et de validation dans les conditions climatiques locales. Wang estime que plusieurs marques chinoises pourraient obtenir toutes les autorisations requises et commencer leurs activités commerciales au Canada dès l’automne 2026. Cette perspective confirme l’intérêt grandissant des fabricants chinois pour le marché nord-américain, particulièrement dans le segment des véhicules électriques où ils disposent d’une avance technologique et industrielle considérable.
Une concurrence accrue pour les constructeurs établis
L’arrivée de Lotus marque une nouvelle étape dans l’évolution du marché canadien des véhicules électriques. Bien que Tesla commercialise déjà au Canada certains véhicules assemblés en Chine, Lotus devient la première marque chinoise à profiter directement de la nouvelle entente commerciale. Le gouvernement canadien espère également attirer des investissements chinois dans la chaîne d’approvisionnement des batteries et des véhicules électriques. Toutefois, Wang Di précise que les constructeurs chinois privilégieront d’abord l’établissement de réseaux de vente avant d’envisager la création de coentreprises ou d’installations de production locales. Cette ouverture du marché a néanmoins suscité certaines critiques aux États-Unis, où plusieurs élus craignent une concurrence accrue des constructeurs chinois sur le continent nord-américain.
Les échanges commerciaux Canada-Chine en forte progression
Au-delà de l’automobile, l’accord entre Ottawa et Pékin vise à stimuler fortement les échanges commerciaux bilatéraux. Lors de sa visite en Chine en janvier dernier, Mark Carney avait fixé comme objectif une hausse de 50 % des exportations canadiennes vers la Chine d’ici 2030. De son côté, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a évoqué un potentiel de croissance pouvant atteindre 100 %. Selon Wang Di, les exportations canadiennes vers la Chine ont déjà progressé de 27,5 % au cours des cinq mois suivant la visite du premier ministre canadien. L’ambassadeur estime même que le commerce bilatéral pourrait plus que doubler au cours des prochaines années grâce à une meilleure complémentarité entre les deux économies.
Énergie et agriculture au cœur des opportunités
La Chine souhaite notamment accroître ses importations de pétrole canadien. Wang Di affirme que les exportations canadiennes pourraient atteindre près de 22 millions de tonnes métriques de brut par année, comparativement à 15,5 millions de tonnes en 2025. Le gaz naturel liquéfié représente également un secteur présentant un fort potentiel de croissance. Dans le domaine agricole, Pékin considère que le Canada demeure largement sous-représenté. Malgré son statut de grand exportateur de canola, de pois et de bœuf, le Canada ne représenterait qu’environ 2 % des importations agricoles chinoises.
Des incertitudes tarifaires demeurent
Malgré cette dynamique positive, certains obstacles persistent. La Chine a réduit en mars dernier plusieurs droits de douane visant des produits canadiens, mais maintient toujours des tarifs de 100 % sur l’huile de canola et de 25 % sur le porc. De plus, les allègements tarifaires accordés à certains produits comme la farine de canola, les pois et le homard doivent expirer à la fin de l’année, ce qui crée de l’incertitude pour plusieurs exportateurs canadiens. Wang Di n’a pas voulu préciser si ces mesures temporaires seraient prolongées, tout en soulignant que les deux pays devront continuer de miser sur le respect mutuel et la réciprocité afin de résoudre leurs différends commerciaux.
Un tournant pour l’industrie automobile canadienne
L’arrivée des premiers modèles Lotus ouvre la porte à une présence accrue des constructeurs chinois au Canada. Si BYD, Chery et d’autres fabricants obtiennent leur feu vert réglementaire dans les prochains mois, le marché canadien pourrait connaître une transformation majeure dès 2027. Pour les consommateurs, cela signifie davantage de choix et une pression accrue sur les constructeurs traditionnels. Pour l’industrie automobile, il s’agit du début d’un nouveau chapitre où la Chine pourrait devenir un acteur incontournable du marché canadien des véhicules électriques.
Avec des renseignements de Reuters

