Polestar ne pourra plus vendre de véhicules neufs aux États-Unis après 2027
Washington ferme la porte au constructeur d'origine chinoise
Polestar devra tirer un trait sur le marché américain des véhicules neufs à compter de l’année-modèle 2028. Les autorités fédérales américaines ont refusé d’accorder au constructeur l’autorisation requise pour continuer à commercialiser ses véhicules en vertu de la nouvelle réglementation sur les véhicules connectés (« Connected Vehicle Rule »). Cette décision exclut pratiquement le fabricant de véhicules électriques soutenu par le groupe chinois Geely du marché américain. Cette mesure découle des nouvelles règles adoptées sous l’administration Biden afin de limiter la présence de logiciels et de composants électroniques provenant de la Chine ou de la Russie dans les systèmes connectés des véhicules. Washington estime que ces technologies pourraient représenter un risque pour la sécurité nationale en raison de l’importante quantité de données qu’elles recueillent et de la possibilité d’un accès à distance aux systèmes du véhicule.
Une réglementation qui entre progressivement en vigueur
Les restrictions visant les logiciels s’appliqueront dès les véhicules de l’année-modèle 2027, tandis que celles concernant le matériel électronique entreront progressivement en vigueur à partir de 2030. Les constructeurs touchés doivent obtenir une autorisation spécifique du gouvernement américain afin de poursuivre leurs activités commerciales. Dans le cas de Polestar, cette approbation n’a pas été accordée. La structure de propriété de l’entreprise a lourdement pesé dans la balance, puisque Polestar est contrôlée majoritairement par le groupe chinois Geely.
D’autres constructeurs sous surveillance
Polestar n’est pas le seul constructeur dans la mire des autorités américaines. D’autres fabricants ayant des liens avec la Chine pourraient également être affectés par cette réglementation. Le constructeur Volvo, également propriété de Geely, a toutefois obtenu une exemption plus tôt en 2026. Des modèles comme le Lincoln Nautilus et le Buick Envision, tous deux assemblés en Chine, pourraient eux aussi faire l’objet d’un examen réglementaire similaire. La grande inconnue demeure la durée des autorisations qui seront éventuellement accordées aux différents constructeurs.
L’avenir de l’usine de Caroline du Sud remis en question
Cette décision jette également un voile d’incertitude sur la production de la Polestar 3, assemblée depuis 2024 dans l’usine de Ridgeville, en Caroline du Sud. Il s’agit du seul modèle fabriqué aux États-Unis par Polestar, tant pour le marché américain que pour l’exportation vers l’Europe. Si les ventes de nouveaux modèles cessent après 2027, l’avenir de cette installation devient particulièrement incertain. Les véhicules déjà présents dans les inventaires des concessionnaires américains, notamment les Polestar 3 et Polestar 4, pourront toutefois continuer d’être vendus jusqu’à épuisement des stocks. Polestar affirme également qu’elle continuera d’assurer le service après-vente et le soutien à ses clients actuels.
Le Canada n’est pas affecté
Malgré ce revers majeur aux États-Unis, l’impact financier demeure relativement limité pour Polestar. Au premier trimestre de 2026, 94 % des ventes mondiales du constructeur provenaient déjà de marchés situés à l’extérieur des États-Unis. L’entreprise concentre désormais sa croissance sur l’Europe, où sera produite la future Polestar 7, mais elle confirme également que le Canada demeure un marché prioritaire pour son développement. Les consommateurs canadiens pourront donc continuer d’acheter les modèles de la marque, du moins dans un avenir prévisible.
Avec des renseignements d’Automotive News

